Chapitre 2 : Lost in darkness

Le ciel nocturne aborda à présent une couleur angoissante, un bleu nuit avec des nuances de noires ténèbres. La pluie abondante ne faisait que accentuer la profondeur de l’angoisse qui avait fait prisonnière la capitale nippon déjà mortellement blessée.

Dans un appartement où la lumière n‘existait plus; tel un lien invisible, l’angoisse avait infiltré les rêves de la silhouette allongée à même le lit. La rougeur de son visage et l’odeur de son souffle indiquaient que l’alcool lui avait tenu compagnie. Mais cela lui suffira-t-il à oublier ? Même une seule nuit ?
La nuit était devenue son ennemie depuis fort longtemps, depuis la mort de Hokuto.
Pourtant son souhait lui avait permit de tenir, jusqu’à que celui-ci soit exaucé.
Maintenant la nuit empoisonnait son sommeil et son cœur. Les larmes avait peu à peu oublié son visage mais elles connaissaient encore son âme.

Pourtant alors que le sommeil paradoxal l’accueillait, un léger sourire s’était posé sur ses lèvres. Léger, éphémère et triste aussi. Comme le souvenir d’un bonheur perdu et que par on ne s’est quel miracle, celui-ci revient…même si ce n’est qu’une douce illusion. Un bonheur qu’il avait connu pendant une année. En compagnie d’eux. Jusqu’à que LUI ne mette  in terme à cette mascarade.
Au final tous ses moments n’étaient que des mensonges, ça et rien d’autre.
Son sourire si doux, son regard si tendre, ses mains si chaudes, sa présence si rassurante…tout ça n’était que du vide et il ne s’en était pas rendu compte.
Son sourire méprisant, son regard indifférent, ses mains glaciales, sa présence angoissante…et sa voix…si…manipulatrice.
LUI aussi il l’avait perdu.
Il ne lui restait plus personne, plus rien…sauf cet arbre qui était à l’origine de tout.

Tokyo.
Le soleil déjà haut dans le ciel, venait réchauffer de ses rayons la capitale du Japon. Le souffle du vent balayait doucement l’herbe, la faisant onduler, formant ainsi de petites vagues. Les pétales roses virevoltaient pendant leur descente vers le sol comme voulant refuser leur chute, car plus personne ne les remarque une fois qu’ils sont à terre.

L’air doux du printemps redonnait de l’énergie à tous. Sa douceur effaçant les cicatrices parfois laissées par la dureté de l’hiver. Les oiseaux, enfants du ciel et de la terre, parcouraient ce vaste bleu. Tel des messagers répandant les nouvelles de la Nature.
Pourtant malgré l’activité quotidienne de la capitale, il y avait des lieux qui respiraient la tranquillité. Où seul la Nature reprenaient ses droits. Le vent, les arbres, les oiseaux et tout forme de vie, hormis les humains, pouvaient y vivre et y laisser leurs empreintes même si celles-ci étaient invisibles à nos yeux.

Des cadres des plus paisibles pour une sortie surtout si cela est en compagnie des êtres qui nous sont chers. Des moments où seul le présent compte, des moments qui resteront gravés dans la mémoire. Ces moments c’est se créer des souvenirs.
Des souvenirs qui seront le baume soulageant les blessures du futur. Mais parfois cela ne suffit pas…

Aujourd’hui, ils étaient allés faire un pique-nique au parc Ueno, réputé pour ses nombreux et magnifiques cerisiers. Ensemble…comme avant. Du temps où il était encore insouciant. Oui, où il n’était encore qu’une proie faible et ignorante.

– Subaru ! Réveille-toi enfin !

– Subaru-kun ?

– Allô la Terre appelle Subaru Sumeragi ! Me recevez-vous ?

– Je crois qu’il ne t’entend pas.

– Je vais vous le réveiller moi !

– Hokuto-chan, tu ne devrais pas…

Soudain, une pluie glaciale s’abattit sur le jeune homme qui lui servait de jumeau, agissant comme une bonne douche écossaise !

Assit sur l’herbe, le jeune adolescent emmèrgea de sa rêverie, aidé par ce verre d’eau en plein figure. il lança un regard hagard envers sa jumelle et leur ami.

– AH ! C’EST FROID ! ! ! hum…heu…qui a-t-il ?

– Tu poses la question en plus ! répondit-elle, outrée. J’étais en pleine présentation de mes retouches de l’uniforme scolaire jusqu’à que je me rends compte que tu rêvassais ! Seï-chan, dis lui toi qu’il travaille trop et qu’il ne dort pas assez ! Tiens l’autre jour, il a faillit mettre le feu à l’appartement ! Heureusement que moi en tant que Grande Sœur Parfaite j‘étais présente sinon mon petit Subaru serait devenu un petit kebab bien cuit !

– Nee-san, c’est toi qui avait laissé les biscuits sur la plaque de cuisson, souffla timidement l’adolescent. Mais c’est vrai que c’était de ma faute.

Encore debout sur le pelouse, la jeune tokyoïte s’immobilisa. La plaisanterie était allé un peu trop loin.
Il y a quelques semaines, une complexe affaire avait été confié au jeune onmyouji. Son investissement dans ce travail avait été à la hauteur de sa négligence envers lui-même. A bout d’énergie, il s’était évanoui au cours d’une visite de sa soeur. Le remue-ménage fit qu’elle en oublia les cookies dans le four.

Attristé, l’ami des jumeaux se rapprocha du jeune homme. Se plaçant derrière lui, il serra le cadet dans ses bras.

– Je suis désolé Subaru-kun. Comme il y avait ce congrès de vétérinaires, je n’ai pas put rester avec vous. S j’avais sus, je n’y serais pas allé.

– Ce…ce n’est pas grave Seïshiro-san ! Ce n’est pas de ta faute !

– Tu es faible.

– Hein ?

La voix du vétérinaire était devenue soudainement froide, aussi tranchante qu’une lame d’acier.

– Faible et têtu. Je me demande si j’ai fais le bon choix.

– Seïshiro-san ?

Hokuto fit quelques pas en cercle puis elle se mit de nouveau face aux deux hommes.

– Seï-chan a raison. En plus tu es égoïste. Tu prends tellement soin des autres que tu te négliges et c’est à grand-mère et à moi de te prendre en charge. Si tu avais été plus fort, je n’aurais pas choisi de te protéger au point de devoir mourir à ta place.

L’apparence de l’aînée changea, sa veste de son uniforme scolaire commençait à prendre une couleur rouge foncé, le sang coulait le long du vêtement formant une petite flaque au pied de sa sœur.

Le temps s’était comme figé, les bruits du monde s’était tût laissant place à un lourd silence. Même la chaleur des rayons du soleil s’était remplacée par un froid inquiétant.

Soudain une pluie de pétales de cerisier les encercla. Lorsque celle-ci se dissipa, ils se retrouvèrent dans une illusion du Cerisier, celle d’un trou noir. A sa gauche, l’arbre était là, imposant et effrayant.
Subaru était debout en habit de cérémonie…et adulte…en face de lui…tel le reflet dans le miroir…Hokuto l’était elle aussi. Comme ce jour-là, le jour de sa mort, elle était couverte de son propre sang. Ce rouge hypnotisa le jeune onmyôji, il était comme pétrifié. Il regarda sa jumelle placé sa main sur sa blessure laissant le liquide de vie imprégné la chair. Le jeune homme était tellement absorbé par la couleur de celui-ci qu’il ne sentit pas deux bras l’enveloppé, ceux de son prédécesseur.
Seïshiro se tenait derrière lui, son corps était glacé. Tout comme sa voix.

Penchant sa tête, il murmura à l’oreille de son cadet.

– Elle est belle habillée ainsi, toi aussi. Je trouve que cette couleur vous va à ravie.

– S…Seï…shiro…

– Cela fait mal, n’est-ce pas ? Moi aussi j’ai eu la même blessure. Par ta faute. Car tu n’as pas sus me comprendre.

– Ar…arrête.

La main ensanglantée, il caressa la joue du plus jeune, y laissant une trace rouge carmin.

– Tu sais quoi Subaru-kun ? Je me demande si je t’ai une seule fois aimé avant notre combat.

– …je…

– Sur le moment oui mais avant…peut-être n’était-ce que du désir, après tout tu as un magnifique corps d’éphèbe. Les femmes ainsi que les hommes le regardent avides.

-…alors…pourquoi…tu…

– J’aurais pût te prendre lors de nos retrouvailles près du Nakano Sunplaza. Tu te souviens lorsque je t’ai effleuré la joue avant de partir ? Cela a était rapide mais tu as désiré autre qu’un combat pendant ce geste. Juste quelques instants.

– …arrête…

– Mais là aussi, il était plus plaisant de te laisser inassouvi. Dis-moi Subaru, m’aimes tu vraiment ? Moi, le Sakurazukamori ou mon masque de gentil vétérinaire ?

Rassemblant ses forces et essayant de calmer la folie des sentiments étreignant son cœur, il murmura avec difficulté.

– … le …sakura…zukamori…

– C’est bien ce que je pensais. Et maintenant que Hokuto et moi sommes morts par ta faute, que comptes-tu faire ?

–  Je l’ignore.

– Tu es pitoyable.

Le lâchant sans douceur,  il marcha en direction du corps sans vie de la jumelle, allongée sur le sol. Jusqu’à que une petite main attrape le pan de son imperméable noir.
Se retournant, il ne vît personne. Alors la prise tira vers le bas avec insistance. Baisant la tête, il en trouva la source.

Subaru, enfant, comme le jour de leur rencontre.

– Ne t’en vas pas !

Subaru, adulte, regarda sa version miniature tiré sur l’habit comme voulant ramener Seïshiro aux côtés du jeune homme.
Le regardant avec amusement, l’ancien gardien s’agenouilla.
L’enfant insista encore.

– Ne t’en vas pas ! On veut savoir si tu as dit la vérité lors de ce combat ! On a tout laissé tombé pour toi ! Alors on veut savoir !

Cet enfant,  lui, était sorti de son cœur afin de retenir une dernière fois l’homme qu’il aimait. Malgré tout ce qui s’était passé. Le pari, la vérité, la mort de Hokuto, sa disparition, les combats lors des retrouvailles, la mort de Seïshiro, sa succession en tant que Sakurazukamori, malgré tout ces évènements il voulait savoir si les paroles dites ce jour-là étaient sincères.

Reprenant son indifférence qui lui était caractéristique, Seïshiro donna une légère tape sur la tête de l’enfant qui se dématérialisa en une petite poignet de pétales roses. Ces pétales, comme guidés par un vent invisible, retournèrent auprès du jeune homme.
Subaru ouvrit machinalement la main, les pétales dansèrent au-dessus de celle-ci. Ce fût à ce moment-là qu’il se rendit compte que des branches de cerisier l’immobilisaient.
Lui lançant un dernier regard de mépris, l’ancien gardien disparût dans l’illusion, laissant son ancienne proie « mourir » dans le néant.

Une épaisse brume avait envahit le trou noir.
Les branches toujours enroulées autour de lui, mais à présents fluides, Subaru s’était assit contre le tronc de l’arbre, les jambes repliées, les bras autour de celles-ci et la tête posé sur les genoux.

Comme chaque soir, il revivait son passé. Ces moments où il croyait que deux resteraient toujours avec ses côtés. Jusqu’à que le rêve lui montre la vérité.
Pourtant cette fois-ci, son autre lui avait essayé de retenir celui qu’il aimait mais cela n’avait pas suffit. Encore une fois, il avait échoué.

L’alcool n’ont plus, n’avait pas suffit à oublier, à se laisser aller. Malgré la rencontre avec cette femme de bar, il n’avait pas pût s’abandonner au plaisir physique. Non, cela non plus il ne pouvait pas.
Il appartenait déjà à quelqu’un d’autre, depuis le jour où ils s’étaient rencontrés.
Chaque caresse de sa part, chaque fois que ses mains effleuraient sa peau, laissait une trace de brûlure qui agissait comme des chaînes de fer.
Sur chaque parcelle de son corps, il y avait sa marque. La marque de son pouvoir.
Depuis 16 ans, il était devenu sa propriété.

Mais cette fois, cette nuit. Il n’avait plus la force et l’envie de revenir. Même ses souvenirs restaient prisonniers de l’illusion. Il ne pouvait même plus se réfugier dans le monde de son passé.

Le cerisier s’illumina d’une couleur rougeâtre et, sous forme de sphères lumineuses, comparable à des lucioles, les âmes de ses victimes se rassemblèrent autour de l’onmyôji.
Le nouveau gardien se laissait « mourir » dans les ténèbres de son cœur.

to be continued

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