Chapitre 2 : Souvenirs d’entraînements (partie 1)

« – Allez ! Concentres-toi ! PLUS VITE ! »

Les balles volaient de tous les côtés, le forçant à se diriger vers le centre de la salle. Il fallait trouver un couloir où se cacher et échapper à leur vigilance pendant quelques minutes, le temps de retrouver son souffle car depuis le début c’était sous forme de secondes qu’il reprenait un peu d’énergie.
A 50 mètres sur sa droite il vit une petite embouchure, c’était le moment propice, profitant de l’épaisseur de la brume il fonça sur le petit couloir adjacent. Les balles percutèrent le mur où il était adossé quelques secondes plus tôt.
Un étrange silence s’installa soudainement. Avait-il réussi son objectif ou bien était-ce un piège ?
Sortant de sa poche un couteau dont la lame était rétractive, il se rapprocha le près possible du couloir où quelques instants auparavant ses assaillants se trouvaient. Se servant de la lame comme d’un miroir, il scruta les environs. Personne mise à part la brume qui n’avait pas perdu de sa densité. Restant quand même sur ses gardes, il s’appuya contre le mur du petit couloir afin de reprendre un rythme respiratoire normal.
5 heures. Cela faisait 5 heures non-stop qu’il esquivait les balles.

Flash-back

Conduit par une des employés qui s’occupait de lui, il était en route pour son entraînement quotidien. Une salle située au troisième sous-sol servait de lieu d’entraînement, une surface plate mesurant 2 km sur 2 km et contrôlée par plusieurs ordinateurs qui matérialisaient les murs avant chaque simulation, il était ainsi possible former un nombre incalculable de terrains. Elle permettait aussi de créer des substituts, personnes en chair et en os doté d’une durée de vie définit, ainsi qu’appliquer des conditions climatiques réelles.
Subaru subissait quotidiennement plusieurs heures d’endurance afin d’améliorer sa résistance à l’effort physique.
On équipait son poignet d’une montre à écran digitale où s’affichaient deux données, la première était le temps passé dans la salle et la deuxième représentait ses points d’énergie sous la forme de barres verticales. La fatigue et les blessures réduisaient le nombre de ces dernières.
A chaque visite un objectif devait être accompli, parfois c’était de tenir le plus de temps possible comme rester pendant cinq heures en utilisant tous les moyens pour ne pas perdre trop d’énergie. Ou bien de neutraliser le plus de hologrammes créés par les ordinateurs de contrôle dans un laps de temps restreint. Tout ceci était dans l’uniquement but d’entraîner les anges à différentes situations.
Mais l’objectif, c’était à lui de le trouver et de l’exécuter.
Et parfois cela était très difficile.

Fin du flash-back

Une goutte…deux gouttes…trois gouttes…la brume s’était estompée pour laisser place à une pluie abondante réduisant la visibilité.
Cette pluie…cela lui rappelle sa première fois…ici…

C’était il y a 4 ans, il était âgé de 5 ans.

Ils étaient venus le chercher dans sa salle, l’une des employés l’avait prise dans ses bras et il avait été conduit jusqu’à ici.
Sans la moindre explication, il avait été laissé seul dans un labyrinthe sombre généré par les ordinateurs de contrôles, sous une pluie abondante et glaciale.

Il était resté là, debout, face au gouffre noir qui s’ouvrait à lui.
Au bout de vingt minutes, il s’était mis à avancer vers cette pénombre, d’un pas hésitant.
Il était trempé jusqu’au os, la température de son corps tremblant de froid chutait à vive allure. Complètement désorienté, il errait, se perdait au fil des minutes dans cette immensité de murs.
Son esprit finissait par s’embrumer, il chancelait parfois.
Finalement il trébucha et s’étala de tout son long sur le sol froid, la pluie n’ayant toujours pas cessé de tomber. Lors de sa chute, un petit bruit métallique s’était fait entendre.
Prenant appui sur ses avant-bras, il leva la tête et rétractant ses pupilles il scruta devant lui.
A à peine un mètre, une sorte de montre dont l’écran émettait une faible lumière.
Se relevant avec difficulté, il s’approcha de l’objet, grâce à la luminosité que dégageait l’écran, celle-ci frappa les bâtonnets des iris de ses yeux, lui permettant ainsi de voir dans ce labyrinthe complètement noir.
Ramassant la montre et la mettant à son poignet, il se remit en route. Sur l’écran était affiché : « temps restant: 4 heures ».

Il se stoppa brusquement, une odeur était dissimulée derrière celle de la pluie, une odeur pincée et pourtant douce, une odeur qu’il ne connaissait pas.
Ses pupilles toujours rétractées, il huma l’air puis fit pivoter ses « nekomimi » vers la direction d’où provenait l’odeur.
Mue par une force étrangère, il avança dans cette direction, d’un pas presque décidé.
A à la droite d’un carrefour, était posé contre le mur le corps d’un chien…sans vie.

Ce jour-là il y avait deux odeurs réunit en une seule, celle de la mort et celle d’un animal.
S’agenouillant face au corps sans vie du chien allongé sur le flanc, il s’était mis à caresser à sa douce tête.
Envahies par ses sentiments, il avait fini par s’allonger sur le sol trempé et glaciale. I prit le chien dans ses bras et le serra contre lui, voulant lui transmettre de la chaleur, ne prêtant pas attention au millier d’aiguilles glaciales, effet de la pluie, qui s’enfonçaient dans sa chair.
Il avait finit par s’endormir.
Lorsqu’il s’était réveillé, il était allongé dans son lit, à l’intérieur du dôme de verre de sa salle.
Il avait eu une forte fièvre suite à cette expérience et s’était réveillé 6 heures plus tard soit 2 heures après le temps limite.
Ce jour-là, il y a 4 ans, âgé de 5 ans, il avait découvert l’odeur de la mort, de la mort d’un animal.

Toujours adossé au mur, Subaru regarda sa montre: « temps actuel: 5h30m27s »

Cela faisait une demi-heure que les assaillants n’avaient pas tentés quoi que ce soit, ce qu’il voulait dire que c’était à lui de faire le premier pas.
Cela faisait une heure qu’ils avaient changé de méthode, au début ils cherchaient à l’effrayer et à le faire courir, visant toujours à côté puis ils ont commencés à tirer vraiment sur lui, l’une balle l’avait d’ailleurs touché à l’épaule droite, grâce à cette petite pause de trente minutes la blessure s’était refermée, donc il fallait esquiver les balles et se frayer un chemin dans la salle d’entraînement et maintenant ils faisaient en sorte de le guider de force vers le milieu de la salle, vers un terrain apparemment à découvert en plus…

Se redressant, les « nekomimis » en alertes, il entama sa marche vers le terrain à découvert que eux voulaient qu’il atteigne.

to be continued

Note de l’auteur: « nekomimis » veut dire en japonais: « oreilles de chat » que Subaru possédait en permanence quand il était enfant.

Chapitre 1 : Une cage où tout commença pour…

Son intimité se situe dans l’une des salles les plus reculées du Labo, au troisième sous-sol de celui-ci. Cet espace restreint est une cage où l’on le retient jalousement du regard du monde.

Cela fait 32 années que le projet ABYSSUM s’y déroule.
Ayant pour objectif de créer un être humain aux capacités sensorielles surdéveloppées, des milliers d’ovules et d’embryons furent manipulés entre ces murs mais aucun ne survécurent aux multitudes et exigeants tests.
Sauf un. Un unique spécimen supporta le déroulement des expériences, les chercheurs furent ravis d’aboutir à cette création parfaite. Mais une erreur s’était produite et seuls les individus le connaissant depuis sa naissance ont pu constater ce changement.
La vaste salle X-7 est de forme octogonale et rappelle une autre pièce où se déroule aussi un projet de création de vie. En son milieu trône un dôme, sa surface est lisse comme du verre et l’intérieur est remplie d’un liquide bleu azur.
C’est là qu’il vit, elle est sa tanière.
Constamment étudié par les scientifiques, il ne profite comme répit que les heures nocturnes et le temps accordé pendant les missions en surfaces.

La sonnerie qui retentit dans le troisième sous-sol indiqua à Tsubaki que la nuit venait de tomber. Elle décida donc de retourner tranquillement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une ombre furtive n’attire son attention à l’angle du couloir.

Il était tard. Les scientifiques s’empressèrent de finir l’enregistrement des données quotidiennes. Un lourd silence dominait la salle, à peine troublé par les marmonnements et le pianotage des claviers ; les hommes savaient qu’il allait bientôt arriver et prendre possession des lieux.
Cet endroit était à la fois son refuge et sa cellule. Contrairement à la plupart des A.N.G.E.S, il n’avait pas la permission de vivre dans un appartement. Aujourd’hui le temps était mauvais, aussi ne devait-il pas trop s’éterniser sous cette pluie battante.
Prenant un passage secret, situé à l’arrière d’un sex-shop et qui reliait la surface au deuxième sous-sol, il s’empressa dans les couloirs qui mène à sa demeure.
Cependant, la présence d’une petite voyeuse le titillait.

« – Et si je jouais avec… Tu n’arriveras pas à me suivre éternellement. » Pensa-t-il, son regard se tournant l’espace d’un instant vers le fond du couloir, derrière lui.

Ses yeux prirent alors une couleur saphir et ses pupilles se rétractèrent. Sans s’en rendre compte, sa victime commençait à s’enfoncer dans un labyrinthe interminable.
Un délicat parfum de rose émanait de l’inconnue et allait dévier contre toute attente son sort d’illusion.

Tsubaki trouvait que suivre à distance cet homme était une assez bonne distraction.
Les minutes passèrent et trouvant que cette promenade s’éternisait un peu trop à son goût, elle se décida à le rejoindre. Quand elle fut à sa hauteur, elle l’aborda avec sympathie.

« – Salut ! Tiens je ne t’avais jamais vu avant ! Ravie de te rencontrer ! »

Subaru, d’humeur assez maussade, la trouva quelque peu effronté et ne daigna pas lui répondre.

« – Oh ! Tu n’es pas du genre du bavard toi ! Dommage car… » Commença-t-elle sur un ton enjoué.

Cela en était trop pour lui et il coupa la phrase de cette fille qui l’abordait au mauvais moment et lors d’un mauvais jour.

« – Laisses-moi. » Grogna-t-il.

Le jeune homme n’avait qu’une envie, celle de rejoindre au plus vite « sa » salle pour se changer. Au vu des taches brunis et éparpillées sur son costume, le travail de ce début de soirée avait été assez salissant. Il n’appréciait guère ce style d’habit que l’on porte lors des soirées privées, le tissu raide et près du corps n’était pas pratique lorsqu’il fallait liquider une dizaine de personnes, de ne pas se ménager sur la décoration rougeâtre de la pièce où ils se trouvaient et de devoir revenir propre comme un sou neuf.
Demain matin, sa petite visite de courtoisie fera les gros titres de la presse.
Cependant cette nuit était particulière et cela l’avait un peu déconcentré. Ce qui était sur était que ses souvenirs viendront le tourmenter pendant son sommeil.

L’affiche numérique d’un moniteur affichait quatre heures du matin.
Etendu sur le sol à l’intérieur du dôme et les mains derrière la tête, Subaru fixait le plafond sans conviction.
Sa rencontre avec la jeune fille l’avait étonnement énervé bien qu’elle ne dégageait aucune agressivité. Peut-être était-ce cet infime odeur de rose qu’il l’avait trouvé ?

De l’autre côté de la paroi du dôme à demi-fermé, le dos contre le verre, une personne attendait que Subaru sorte de son mutisme qui durait depuis plus d’une heure. Il faut dire qu’il était un des rares humains envers qui le félin éprouvait de l’affection. Humains…enfin presque.
L’ange se décida à rompre le silence.

« – Nataku, qu’est-ce que tu en penses ? Demanda Subaru à l’encontre de son ami qui faisait des recherches sur la jeune fille dans les dossiers numériques du laboratoire.
– Je n’ai trouvé aucunes informations précises pour l’instant.
– Ennemie ou alliée ? Murmura-t-il, légèrement inquiet.
– Alliée je pense car elle ne figure dans aucun avis de recherche des Déchus.
– …tant mieux. Je suis désolé de t’avoir déranger à cette heure-ci.
– Ce n’est pas grave mais c’est bien parce que c’est toi. Au fait, cela faisait combien de temps que nous n’avions pas travailler ensemble ? Questionna Nataku.
– La dernière fois, je crois que c’était il y a 1 an.
– Kazuki en a fait une crise quand je lui en ai parlé ! Il tenait tellement participer au travail de ce soir, même si notre collaboration ne durait au final que quelques minutes et que c’était à toi de terminer le travail. Mais il t’adore aussi ! »

Un fin sourire apparut sur leurs visages à la pensée du petit garçon faisant une scène de jalousie à son frère, les bras croisés, des flammes dans les yeux et criant haut et fort qu’il ne parlerait plus à qui que ce soit. Si Subaru avait été présent, il n’aura eu qu’à proposer un entraînement avec Kazuki pour que celui-ci se mette à sautiller sur place, tout content et oubliant qu‘il voulait bouder. Une réaction typique d’un enfant !

Nataku et son petit frère Kazuki font partie du projet « Clover », visant à créer des copies parfaites d’un humanoïde qui possédait une puissance alliant magie et technologie.
Il y a 31 ans, le Labo découvrit l’existence d’un jeune enfant possédant des dons quelques peu étranges, il avait la capacité de ce lier à tout objet technologique et pouvait les manipuler à sa guise.
Après 1 an d’observation, les parents furent contactés et en échange d’une grosse somme d’argent, ils vendirent l’enfant au Labo.
Cet enfant de noble avait, pour cause de ses dons, jeté le déshonneur sur sa famille. Sa disparition en satisfaisait plus d’un.
Ainsi allait-il devenir une nouvelle arme pour l’Organisation.
Malheureusement, au bout de 3 ans de conditionnement, d’entraînements intensifs, de missions de plus en plus périlleuses, cet enfant de 10 ans rétrogradé à un statut de chien de combat avait fini par tomber dans les limbes de la folie. Son seul souhait était de retrouver sa liberté et de partir loin du Labo, loin de ses maîtres. Il était devenu incroyablement puissant, ce qui lui avait attiré les bonnes grâces des supérieurs de l’Organisation. Sa fuite a été une suite de meurtres sanglants, il détruisit toute personne qui lui faisait barrage mais…il n’était qu’un enfant d’une dizaine d’années dont le corps s’épuisait de jour en jour dût à une espèce de gangrène au cœur engendrée par un trop plein de surmenage et au déséquilibre psychique.
En plein combat, son cœur lâcha et le petit garçon tomba dans un coma dont il ne sortira pas. L’Organisation allait perdre un précieux poulain aussi décida-t-elle de créer le projet « Clover » visant à cloner l’enfant mais dont l’ADN serait modifié afin d’éviter la même erreur cardiaque et psychique.

Tout comme le projet Abyssum, il y eu des succès et des échecs avant de parvenir à stabiliser un spécimen : Nataku. Quinze ans plus tard, un deuxième Trèfle vit le jour : Kazuki.

Tous deux ainsi que Subaru se ressemblaient dans le sens où leur naissance n’était qu’au nom de la science mais aussi par le besoin de surpasser le Créateur en forgeant des armes humaines.
Lors de leur première rencontre, ils …

Nataku interrompit soudainement ses pensées.

« – J’ai trouvé quelque chose ! Va voir ! S’écria-t-il.
– Quoi donc ? »
Le félin se leva et sortit de l’espace du dôme pour rejoindre les ordinateurs situés sur le surplomb de la salle, là où les scientifiques faisaient leurs analyses.

Le casque relié à distance au fichier central du troisième sous-sol, le jeune Trèfle avait fini par casser le password d’une partie dissimulée du système et naviguais ainsi en toute liberté entre les dossiers, faisant apparaître les pages visitées sur l’un des écrans de la salle.

« – Voilà, j’ai réussi à entrer dans cette partie et après avoir taper « Tsubaki » cela me donne ça. »

[Page sur l’écran]
Nom : ####
Prénom : ####
Surnom : Tsubaki
Âge : 15 ans
Être : A.N.G.E pur
Physique : jeune fille possédant de courts cheveux bruns, les yeux d’un or pur, sa taille est de 1m57 pour un poids de 45Kg, d’une frêle apparence global.
Histoire : ###µµµµµ
Particularités : ###µµµµµ
Armes : ###µµµµµ
Dons : ###µµµµµ
Métier : ###µµµµµ
Une photo était affiché et Subaru reconnu la jeune fille. Mais le dossier était crypté presque dans son entièreté. Cela ne les avançait pas beaucoup.

« – C’est vague comme renseignements, soupira Subaru.
– Oui. Le nom et le prénom sont masqués, ce qui est normal puisque nous sommes dans les fichiers du troisième sous-sol mais le reste est protégé par un codage spécial et il m’est impossible de forcer cette protection car je n’ai jamais vu ce genre de cryptage pour le password. Au moins, on sait qu’elle n’est pas notre ennemie mais pour le reste…
-…cette sensation… lorsqu’elle était en face de moi… »

Flash-back

« – Oh tu n’es pas du genre du bavard toi ! Dommage car… » Commença-t-elle sur un ton enjoué.
Cela en était un peu trop pour lui et il coupa la phrase de cette fille qui l’abordait au mauvais moment et lors d’un mauvais jour.

« – Laisses-moi. Grogna-t-il.
– Pourquoi ? C’est amusant d’être avec les autres, non ? Et puis je voulais me dégourdir les jambes, lui répondit-t-elle sur un ton lasse et détaché.
– en détruisant mon illusion ? Reprocha-t-il avec une voix un peu plus menaçante.
– Ah tu as remarqué. Désolée mais je n’avais pas envie de m’éterniser non plus alors oui j’ai utilisé une petite farce pour en sortir même si ton sort était très bien réussi. Au passage, mon nom est Tsubaki, ajouta-t-elle en souriant. »

Que pouvait-il ajouter à ça. Rien. Le félin sentit un frisson son corps, cette jeune fille l’intriguait, elle lui semblait proche et lointaine. Il ne pouvait définir correctement son deuxième thème.
Sa perplexité n’échappa pas aux yeux de la jeune fille et elle profita de cette faille pour s’approcher de l’a.n.g.e. Elle s’arrêta à quelques centimètres de son corps et lui posa une question dont le ton cachait une certaine évidence.

« – Qui a-t-il ? »

Se rendant compte de sa proximité, Subaru recula d’un pas, sa méfiance grandissant en même temps que sa nervosité et bredouilla un : « Rien. »
Cette réponse fit apparaître une expression de surprise sur le visage de la jeune fille. Apparemment, elle s’attendait à autre chose.

« – Pourtant tu as l’air désorienté », sous-entendait-elle tout en se rapprochant à nouveau du jeune homme, qui cette fois ne broncha pas. Le corps de Tsubaki était à présent contre le sien, son regard capté par cet or si pur, il sentît ses fines mains blanches se posées sur son torse et y prendre appui alors que les lèvres de la demoiselle effleuraient le contour de son oreille gauche.

« -…tu le sens toi aussi… n’est pas ? »
Cette étrange question franchissa les douces lèvres de la jeune fille et percuta l’âme de l’A.N.G.E comme la révélation d’un secret, d’une vérité.

« – Qu’est-ce que c’est ? Murmura-t-il d’un souffle à peine perceptible.
– Je n’ai pas le droit de te le dire…un peu comme toi. »

Ce fut les derniers mots qu’elle prononça avant le laisser seul, debout dans le couloir, l’esprit troublé.

Fin du flash-back

Chassant ce souvenir de ses pensées, Subaru tourna son regard sur le mur de la salle où était accrochée une horloge à écran digitale, elle affichait cinq heures du matin. Il était un peu tard pour dormir néanmoins s’il ne se reposait pas, il manquerait d’énergie pour un nouveau travail. Après sa rencontre avec Tsubaki, il avait longuement hésité à appeler Nataku pour faire des recherches, ce qu’il avait finalement fait et les heures avaient défilé pendant que celui-ci explorait le système à la recherche de cette inconnue.
Le jeune homme aux cheveux blancs déconnecta son casque du réseau et jugea qu’il était temps pour lui de retourner dans sa propre salle pour dormir…du moins après une nouvelle crise de Kazuki sur le fait qu’il l’avait laissé seul et empêcher de venir le venir le rejoindre dans la salle de Subaru. La prochaine fois, Nataku regretta de ne pas l’avoir ligoté et bâillonné, cela aurait évité que tout le sous-sol ne soit réveillé par les braillements assourdissants de l’enfant.

« – Il va falloir que j’y aille. On s’y remet ce soir ? Demanda-t-il tout en défragmentant son casque grâce à ses dons.
– Entendu. Merci de ton aide.
– De rien. Maintenant, il va falloir que j’affronte le môme, soupira l’ange blanc. Il va se mettre à geindre car il ne t’a pas vu, ajouta le Trèfle en imaginant le savon que son jeune frère allait lui passer.
– Ne soit pas trop dur avec lui. Il est simplement un peu jaloux c’est tout. Tu me connais depuis plus longtemps que lui et aussi beaucoup mieux, sa réaction est celle d’un enfant qui ne veut pas partager ses amis », expliqua Subaru, amusé par leur relation fraternelle.

Le visage neutre, comme absorbé par un souvenir lointain, Nataku s’avança vers lui. Lorsqu’il fût assez près, il posa sa tête contre l’épaule de Subaru et ses mains sur les hanches de son ami. Celui-ci ferma les yeux et enlaça de ses bras le corps du jeune homme aux cheveux lunaires. Il savait parfaitement à ce qu’il pensait en ce moment.
Aujourd’hui était un jour particulier pour l’ange au regard d’émeraude. Le même jour, il y a plusieurs années auparavant, une histoire s’achevait par le départ d’une personne spéciale et une autre relation commençait par sa rencontre avec le jeune Trèfle. Ces deux personnes avaient une place unique dans sa vie.

« – Abyssum, tu te souviens de notre premier jour, ce fût celui de notre première mission. Deux chiots, voilà comment ils nous appelaient.
– Oui, nous avions rencontré Kuyo-san.
– Te souviens-tu du pacte que nous avions fait ce jour-là ? »

Nataku releva la tête et fermant les yeux, il posa son front contre celui de Subaru. Ils restèrent ainsi, immobiles dans l’obscurité des lieux, leurs deux corps légèrement éclairés par la lumière émise par l’un des écrans. Tous deux se rappelèrent de cette rencontre avec l’ange Kuyo et de ce qu’elle avait osé leur dévoiler.

to be continued

Prologue : Fiche d’identité

La salle était plongée dans le noir, seule la lumière des écrans d’ordinateurs brisait le charme maléfique de la pénombre. Sur l’un d’eux, une fenêtre numérique s’ouvra sur un dossier nommé « Projet ABYSSUM ».

/écran d’ordinateur/

Nom : aucun
Prénom : Subaru
Surnom : Abyssum
Âge : 25 ans (en apparence)
Être : A.N.G.E pur

Physique : jeune homme efféminé, il possède de courts cheveux noirs ornés de petits dégradés sur les côtés du visage. Ses yeux sont d’un vert intense devenant parfois éclatant, sa taille est de 1m70 pour un poids de 65Kg et malgré son corps fin il n’en est pas moins faible.

Histoire : Subaru est le résultat d’expériences sur des embryons humains; il y a 32 ans de cela, un groupe de scientifiques travaillant dans la génétique mit au point un projet visant à faire fusionner des embryons humains avec des cellules d’animaux afin d’obtenir un être vivant d’apparence humaine mais dont les capacités sensorielles seraient sur-développées.
Intéressé par ce projet et du fait du QI des scientifiques, le Labo les engagea.
C’est ainsi que débuta le projet ABYSSUM. Il s’en suivi des sélections des cobayes femelles et mâles (côté humain), des manipulations sur les ovules fécondés et les embryons humains, la fusion avec des cellules animales, l’utilisation d’utérus artificiels suite aux échecs des mères porteuse. Et tout cela sous la surveillance informatique. Sur les milliers d’embryons, un seul arriva à son terme de gestation, il fallut en tout 7 ans pour parvenir à la création parfaite.
La création fut nommée « Subaru » dut à son regard émeraude, rappelant une constellation d’étoiles : »Les Pléiades ».
Il partage ses gènes humains avec ceux d’un chat. Cela explique son corps fin et léger. Il se spécialise dans la discrétion et préfère l’attaque nocturne.

Caractère : calme voir indifférent, il exécute ses missions en solitaire ce qui fait qu’il est peu sociable néanmoins il est « apprivoiser ». Ayant toujours été considéré comme une création, une œuvre, et non un être vivant il reste sur ses gardes, comme un chat, et se méfie des humains, mise à part ses « maîtres ». Il ne se sent pas très concerné dans cette opposition de clans A.N.G.E.S. Tueur obéissant, son indifférence lors d’un « travail » frôle la cruauté. Il ne se montre doux que envers les animaux et notamment les chats.

Particularités : ses pupilles se rétractent lors qu’il fixe intensément sa cible et lorsqu’il l’utilise un maboroshi (illusions).

Armes : ses griffes rétractiles situées sous ses ongles, son Eagle (arme à feu munie d’un silencieux), combat parfois au corps à corps.

Dons : utilise un maboroshi pour enfermer l’esprit des gens dans une illusion. Comme les félins, il a une bonne vue nocturne mais meilleure au niveau des profondeurs et de la netteté dut à son côté humain. Son ouïe, son odorat et son toucher sont surdéveloppés par rapport à ceux des humains.
Communique avec les chats, ceux-ci lui répondent par la pensée.

Métier : Tueur, espion.

to be continued

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