Chapitre 2 : Souvenirs d’entraînements (partie 1)

« – Allez ! Concentres-toi ! PLUS VITE ! »

Les balles volaient de tous les côtés, le forçant à se diriger vers le centre de la salle. Il fallait trouver un couloir où se cacher et échapper à leur vigilance pendant quelques minutes, le temps de retrouver son souffle car depuis le début c’était sous forme de secondes qu’il reprenait un peu d’énergie.
A 50 mètres sur sa droite il vit une petite embouchure, c’était le moment propice, profitant de l’épaisseur de la brume il fonça sur le petit couloir adjacent. Les balles percutèrent le mur où il était adossé quelques secondes plus tôt.
Un étrange silence s’installa soudainement. Avait-il réussi son objectif ou bien était-ce un piège ?
Sortant de sa poche un couteau dont la lame était rétractive, il se rapprocha le près possible du couloir où quelques instants auparavant ses assaillants se trouvaient. Se servant de la lame comme d’un miroir, il scruta les environs. Personne mise à part la brume qui n’avait pas perdu de sa densité. Restant quand même sur ses gardes, il s’appuya contre le mur du petit couloir afin de reprendre un rythme respiratoire normal.
5 heures. Cela faisait 5 heures non-stop qu’il esquivait les balles.

Flash-back

Conduit par une des employés qui s’occupait de lui, il était en route pour son entraînement quotidien. Une salle située au troisième sous-sol servait de lieu d’entraînement, une surface plate mesurant 2 km sur 2 km et contrôlée par plusieurs ordinateurs qui matérialisaient les murs avant chaque simulation, il était ainsi possible former un nombre incalculable de terrains. Elle permettait aussi de créer des substituts, personnes en chair et en os doté d’une durée de vie définit, ainsi qu’appliquer des conditions climatiques réelles.
Subaru subissait quotidiennement plusieurs heures d’endurance afin d’améliorer sa résistance à l’effort physique.
On équipait son poignet d’une montre à écran digitale où s’affichaient deux données, la première était le temps passé dans la salle et la deuxième représentait ses points d’énergie sous la forme de barres verticales. La fatigue et les blessures réduisaient le nombre de ces dernières.
A chaque visite un objectif devait être accompli, parfois c’était de tenir le plus de temps possible comme rester pendant cinq heures en utilisant tous les moyens pour ne pas perdre trop d’énergie. Ou bien de neutraliser le plus de hologrammes créés par les ordinateurs de contrôle dans un laps de temps restreint. Tout ceci était dans l’uniquement but d’entraîner les anges à différentes situations.
Mais l’objectif, c’était à lui de le trouver et de l’exécuter.
Et parfois cela était très difficile.

Fin du flash-back

Une goutte…deux gouttes…trois gouttes…la brume s’était estompée pour laisser place à une pluie abondante réduisant la visibilité.
Cette pluie…cela lui rappelle sa première fois…ici…

C’était il y a 4 ans, il était âgé de 5 ans.

Ils étaient venus le chercher dans sa salle, l’une des employés l’avait prise dans ses bras et il avait été conduit jusqu’à ici.
Sans la moindre explication, il avait été laissé seul dans un labyrinthe sombre généré par les ordinateurs de contrôles, sous une pluie abondante et glaciale.

Il était resté là, debout, face au gouffre noir qui s’ouvrait à lui.
Au bout de vingt minutes, il s’était mis à avancer vers cette pénombre, d’un pas hésitant.
Il était trempé jusqu’au os, la température de son corps tremblant de froid chutait à vive allure. Complètement désorienté, il errait, se perdait au fil des minutes dans cette immensité de murs.
Son esprit finissait par s’embrumer, il chancelait parfois.
Finalement il trébucha et s’étala de tout son long sur le sol froid, la pluie n’ayant toujours pas cessé de tomber. Lors de sa chute, un petit bruit métallique s’était fait entendre.
Prenant appui sur ses avant-bras, il leva la tête et rétractant ses pupilles il scruta devant lui.
A à peine un mètre, une sorte de montre dont l’écran émettait une faible lumière.
Se relevant avec difficulté, il s’approcha de l’objet, grâce à la luminosité que dégageait l’écran, celle-ci frappa les bâtonnets des iris de ses yeux, lui permettant ainsi de voir dans ce labyrinthe complètement noir.
Ramassant la montre et la mettant à son poignet, il se remit en route. Sur l’écran était affiché : « temps restant: 4 heures ».

Il se stoppa brusquement, une odeur était dissimulée derrière celle de la pluie, une odeur pincée et pourtant douce, une odeur qu’il ne connaissait pas.
Ses pupilles toujours rétractées, il huma l’air puis fit pivoter ses « nekomimi » vers la direction d’où provenait l’odeur.
Mue par une force étrangère, il avança dans cette direction, d’un pas presque décidé.
A à la droite d’un carrefour, était posé contre le mur le corps d’un chien…sans vie.

Ce jour-là il y avait deux odeurs réunit en une seule, celle de la mort et celle d’un animal.
S’agenouillant face au corps sans vie du chien allongé sur le flanc, il s’était mis à caresser à sa douce tête.
Envahies par ses sentiments, il avait fini par s’allonger sur le sol trempé et glaciale. I prit le chien dans ses bras et le serra contre lui, voulant lui transmettre de la chaleur, ne prêtant pas attention au millier d’aiguilles glaciales, effet de la pluie, qui s’enfonçaient dans sa chair.
Il avait finit par s’endormir.
Lorsqu’il s’était réveillé, il était allongé dans son lit, à l’intérieur du dôme de verre de sa salle.
Il avait eu une forte fièvre suite à cette expérience et s’était réveillé 6 heures plus tard soit 2 heures après le temps limite.
Ce jour-là, il y a 4 ans, âgé de 5 ans, il avait découvert l’odeur de la mort, de la mort d’un animal.

Toujours adossé au mur, Subaru regarda sa montre: « temps actuel: 5h30m27s »

Cela faisait une demi-heure que les assaillants n’avaient pas tentés quoi que ce soit, ce qu’il voulait dire que c’était à lui de faire le premier pas.
Cela faisait une heure qu’ils avaient changé de méthode, au début ils cherchaient à l’effrayer et à le faire courir, visant toujours à côté puis ils ont commencés à tirer vraiment sur lui, l’une balle l’avait d’ailleurs touché à l’épaule droite, grâce à cette petite pause de trente minutes la blessure s’était refermée, donc il fallait esquiver les balles et se frayer un chemin dans la salle d’entraînement et maintenant ils faisaient en sorte de le guider de force vers le milieu de la salle, vers un terrain apparemment à découvert en plus…

Se redressant, les « nekomimis » en alertes, il entama sa marche vers le terrain à découvert que eux voulaient qu’il atteigne.

to be continued

Note de l’auteur: « nekomimis » veut dire en japonais: « oreilles de chat » que Subaru possédait en permanence quand il était enfant.

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