La Nuit de la Plume

En cette soirée du 21 décembre 2013, se déroule pour la première fois l’Event « La Nuit de la Plume » sur le forum de Hinata-Online Community !

Que diriez-vous d’une Nuit de la Plume?
Ceux qui naviguent sur Fanfiction.net devraient vite comprendre où je veux en venir !

En gros, je vous propose pendant une nuit, de relever le défis: 1h = un texte sur un thème donné !
(disons que la nuit commencerait à 21h jusqu’à 3h du matin ! Ce qui donne quand même 6 textes à faire pour ceux ou celle ayant le courage d’aller jusqu’ au bout !)

A 21h, je mets en ligne le premier thème de l’affrontement. (admettons : Un été a la montagne) Et vous avez 1h pour écrire ce qui vous vient et le poster sur le sujet ! Et ainsi de suite tout au long de la nuit ! (se connecter à la tchat box pour discuter entre nous serait cool aussi mais pas obligatoire !^^)

Donc les conditions sont simple: il vous faudra écrire 1 texte en 1h. Vous pouvez prendre le défi en cours (si vous venez à 21h30 par exemple, vous aurez 30 minute pour poster votre texte!) mais il faudra poster votre texte avant le changement de thème. Vous n’êtes cependant pas obliger de participer à tous les thèmes!
Alors je vous devance déjà, vous allez me dire: Non mais t’es malade! 1h c’est PAS ASSEZ!!!! Mais si, mais si!^^
Le but ici sera de favoriser l’imagination et d’augmenter votre capacité à trier et condenser les informations que vous voulez mettre dans votre texte !

Je m’excuse à l’avance des possibles fautes d’orthographe/conjugaison et erreurs de syntaxes ! Honte à moi qui n’est pas souvent pris la peine de me relire correctement avant de poster sur le fofo.

Thème 1 : L’eau (la glace est acceptée)

<< Il y a fort longtemps, dans un pays lointain, vivait une femme à la beauté éclatante. Discrète et humble, elle subissait en silence les brimades des autres villageoises, jalouses d’elle mais aussi effrayées. Bien qu’étant d’un certain âge, le temps semblait ne pas avoir d’emprise sur son corps.
La famine, la guerre des royaumes et les maladies faisaient des ravages dans le pays. Les esprits en devinrent faibles et manipulables. Une vague déferlante avait fini par geler les cœurs des hommes.
Et puis, une nuit, le village s’embrasa comme jamais. Le chef décida de bannir les plus incurables, les indésirés et les mourants. Hommes, femmes et enfants furent conduit au cœur de la forêt, en son centre nichait le lac de la clémence. Tous furent alors jetés au milieu de celui-ci, dans l’eau glacée de l’hiver. Etrangement,celle-ci restait liquide même à travers les hivers les plus rudes.

Quand soudain, la blanche lune éclaira les lieux d’un étrange halo bleuté. Un crissement désagréable se fit entendre, la température baissa encore plus et du givre naquit à la surface du lac. De givre, elle devint glace. Comme une araignée faisant sa toile, la morsure glaciaire s’étendit, emprisonnant tout sur son passage. Des stalagmites détruisirent les embarcations avec ses occupants. Ils passèrent de cœur à corps de glace avant de finir en petits cristaux. Les bourreaux rejoignirent leurs victimes dans les flots. Bien que les coupables de ce génocide furent punis, la glace indifférente et sans maître recouvrit le pays tout entier.
L’unique survivant de cette expédition, qui par chance était resté à terre, vit la silhouette d’une femme au milieu de l’étang, cette femelle que l’on disait être une sorcière. Baignée par la lumière de l’astre lunaire, elle disparut dans une brume humide et froide. >>
Cette histoire, conte de mon pays, m’a été racontée par mes parents et mes professeurs afin que l’on sache dès tout jeune qu’il est interdit de s’approcher du Lac de la Clémence car l’on dit que ce démon en est dépourvu.
Mais je crois qu’ils se trompent car ce n’est pas un regard tranchant qui me fixe depuis des heures. C’est un visage empreint de tristesse qui est à quelques centimètres du mien et qui affiche un chagrin et une douleur inapaisables. Je voulais savoir ce qu’il se passait réellement dans cette eau. Aussi aurais-je dut me méfier de la fin de l’histoire : << Quiconque vint en son milieu est aspiré en son cœur >>.

Temps: 1h.

Thème 2 : Voyage en avion (l’action doit se dérouler DANS l’avion)

Avec prudence, je mets un pied devant l’autre sur le sol dur. Celui-ci est fait d’une matière froide comme la pierre et est tranchant par endroits. Des branches d’aciers encombrent le couloir, en pêle-mêle en travers de mon chemin. De longs serpents noirs se balancent ici et là, émettant des sortes de grésillements. Après quelques petits sauts, je me retrouve dans un lieu immense, plus long que large et dont le plafond troué laisse entrer la lumière et la faible chaleur du soleil couchant.
Une odeur piquante me chatouille le nez tandis que je progresse à petits pas parmi des immondices. Des semblants de primates gisent dans tous les sens, enfin des primates… je dirais plutôt ce qu’il en reste.

Je sens le vent de la montagne s’engouffrer dans l’habitacle et faire frissonner mon corps. Je ne dois pas traîner longtemps. J’escalade les charognes pour trouver une petite chose à me mettre sous la dent. Mais tout ce qu’il y a sont des feuilles multicolores qui tapissent l’endroit, des masses de toutes les couleurs renversées et ouvertes pour la plupart et même une petite boite qui émet une sorte de mélodie. D’ailleurs je vois des petites choses qui s’agitent derrière une fine vitre mais cela aussi ne se mange pas, pas même les petits boutons. Cependant je me souviendrais que d’appuyer dessus fait réagir cette étrange machine venus de je ne sais quel pays.
Le plus pénible sont ces nuées de mouches, si compactes qu’il est difficile de s’approchés de leurs nid de ponte. Pourtant je continue mon voyage et me dis que je pourrais aussi me servir sur ces « coquilles vides », certains ont subis tellement de dégâts que leurs entrailles, froides, sont répandus sur leurs jambes ou sur le sol duveteux. Après avoir engloutit quelques miettes sur un petit être, je me remets en route.
Quand enfin, j’aperçois une nuée d’insectes plus faible, c’est ma chance ! Je me précipite vers elle, vers ce qui sera mon oasis. Debout sur les monticules de viande, je les aperçois. Mes trésors pour mes petits. Avec appétit je me délecte de cette nourriture racée. Je suis enfin arrivé à la destination tant désirée.
Ouvrant mes ailes noires, le bec remplit de chair et d’asticots pour ma couvée, je prends mon envol. Comme tout corbeau que je suis.

Temps : 1h.

Thème 3 : Vampire(s)

Alors que je me laisse envahir par la chaleur de nos deux corps, celle-ci me fait me souvenir de la première fois où il me prit dans ses bras. Le soir où je fis serment d’allégeance.

Après avoir dormi pendant des années dans le néant, un imbécile a osé ouvrir la porte et me m’inviter à rejoindre ce monde qui est le sien. Ce jour-là, une agressante lumière baigna les ténèbres où j’étais prisonnière. Mes chaînes perdirent de leur entrave, c’était l’occasion, je pourrais enfin sortir et les retrouver. Et enfin leur faire payer cette traîtrise et me repaître de leurs chairs encore fumantes.
Quel ne fut pas ma surprise de me retrouver face à cet inconnu. Et encore plus, en me rendant compte que je me trouvais en territoire ennemie.
Mais surtout, j’avais faim et soif, horriblement soif. Me retrouver dans le monde des vivants avait réveillés les besoins les plus vitaux. Je me jetais alors sur la seule source d’énergie des lieux. Il esquiva mon attaque ainsi que les suivantes. Je n’avais pas assez d’énergie pour utiliser mes pouvoirs et j’en perdais encore plus dans ces vaines tentatives.
A bout de souffle, je commençais à défaillir. Celui qui m’avait invoqué se pencha alors vers moi et me proposa un marché. Mes services en échange de son sang. Moi, une chimère du néant pactisez avec un vampire…
Je choisi alors la survie à l’honneur. Après avoir asservie divers démons, derrière la Porte Noire et régné en compagnie des 4 Généraux, me voici soumise de corps d’âme à une créature inférieur.
Inférieur mais pas inculte, il en savait suffisamment sur mon espèce pour connaître ma faille. Stupide stigmate. Une simple marque de virginité qui a pour signification que la chimère en question n’a aucun maître ni serviteur. Nous sommes comme un livre à la couverture dépourvue de titre.
Ce risque étant grand, jamais nous devons nous trouvés en état de faiblesse et être à terre terrassée par la faim est la plus pitoyable des situations.
Du moins c’est ce que je pensais au début. Jusqu’à qu’après quelques années de loyaux services, je puis me rendre compte de la force et la détermination de mon maître. De constater qu’il était digne de posséder une chimère du néant et apte à me maîtriser.
Et puis ce que les humains appellent naïvement « sentiments » vinrent faire évoluer notre entente. Il semblait plus soucieux envers ma personne, osait partager ses chères proies (toutes belles et succulentes). Jusqu’ au jour où se fut à mon tour de partager sa couche. Il faut dire que la première et unique fois était un souvenir remplie d’amertume et de rage, c’était ça ou je mourrais. Mon séjour dans le néant n’était pas des plus désagréables mais rien ne peut égaler la liberté.
Je suis faite pour soumettre ou être dominé, je ne sais comment m’attacher à autrui. Mais lui était différent, il jouait avec prestance entre la cruelle bestialité de son espèce et la digne noblesse de son clan. Deux hommes en un seul. Comment un être dont le cœur ne bat plus a-t-il pu m’en donner un ?
J’ignore si je suis devenu un jouet pour lui ou plus mais je ne peux plus me défaire de ces liens. Ses morsures ont changés, son sang est devenu meilleur et il finit par ne partager son lit qu’avec moi. Résister à la maîtrise, don qu’il possède depuis enfant, est devenu inutile. Les combats devenaient plus élaborés, plus performants. Il ordonne, j’obéis, il commande, j’exécute. Je suis l’arme et lui le fourreau. Il n’ignore pas l’étendue de mes pouvoirs qui égalent les siens, je les ai déjà testés. Mais en cet instant, je me délecte de notre combat et étrangement souhaites ne connaître aucun maître que ce vampire.

Temps : 45min

Thème 4 : Déclaration d’amour insolite.

Quand votre journée commence mal, vous pouvez être certain que les ennuis vont continuer durant celles-ci.

En premier, le réveil sonne mais vous voulez vous accordez deux minutes de sommeil, résultat vous êtes en retard pour les cours. Parlons-en des cours ! Vous craquez depuis des années sur votre voisin qui par le plus beau des hasards vous suit (ou vous le suivez) dans chaque classe. C’est excellent de se concentrer en ayant l’objet de vos fantasmes juste à côté. Quand à vos amis, ils vous répètent sans cesse qu’il faudra que vous vous décidiez à lui avouer vos sentiments un jour où l’autre. Surtout que la place est de nouveau libre. Lancez-vous ! … Lancez-vous, lancez-vous, faut le dire vite. Quand vous n’avez aucune expérience en la matière, la peur de vous ridiculiser est encore plus grande.
Mais quand vous vous embrouillez avec une de vos amis, voilà ce qui peut aussi arriver quand vous avez un secret que vous aimerez bien qu’il reste un secret.

Vous êtes en cours de sport, votre classe et celle de votre amie. Et vient le moment fatidique où le professeur demande aux élèves de faire des binômes. Naturellement, il appelle chacun d’entre vous pour connaître le nom de votre partenaire. Mais vous avez la malchance d’être toujours la dernière choisie. Être un laideron, effacé, peu intelligente et pas du tout sportive n’aide pas du tout votre vie sociale. A se demander comment vous pouvez avoir des amis alors imaginez avoir un petit-ami ? Avec un miracle peut-être.
Mais ce matin-là, c’est une « bénédiction » que vous recevez.
Poussez par l’envie de vous torturer, votre chère ex-amie répond à votre place quand le professeur finit par se tourner vers vous. Et devinez quelle personne elle propose de devenir votre partenaire. Oui, celui que vous adorez en silence. Et histoire de vous mettre encore plus dans l’embarras, elle rajoute l’argument que vous l’aimez depuis plus de deux ans et n’avez d’yeux que pour lui. Votre secret vient d’être révélé à tout un public alors que vous êtes du genre à ne pas en vouloir !
Naturellement, cela sera une réponse négative, histoire d’accentuer cette magnifique journée.

La journée continuera son cours, avec les ralliements qui vont avec tout en cherchant un moins de faire taire cette petite rumeur. Tout le monde sait que vous êtes en brouille avec votre amie, elle ne cherche qu’à se venger. Peut-être en ayant un tête à tête avec l’élue de votre cœur et là soit vous mentez, soit vous dites la vérité.

Et bien, cette occasion, je vais l’avoir en allant commandez au fast-food le soir même. Une gâterie n’a jamais tué personne. Sauf là.
Votre serveur à mi-temps n’est autre que ce garçon qui s’excuse de ne pas avoir réagis le matin même. Mais par chance, il pense que ce n’est qu’un mensonge pour vous mettre dans l’embarras. L’affaire est close et vous vous en sortez avec les honneurs !

Sauf au moment où vous ouvrez la bouche : Ça vous est déjà arrivé de vouloir une commande et dire cette phrase toute bête, « mais en réalité je t’aime »au lieu de votre commande ?

Temps : 35min.

Thème 5 : Lion, tigre ou panthère. (vous devez intégrer l’un de ces trois animaux.. mais pas les 3!)
Titre: Tigerish Eyes.

Les cris de la foule résonnent au loin, celle-ci attend son combattant, son sacrifié. Rester en vie assure la victoire. Perdre signifie que vous avez succombé sous les coups d’épées de votre adversaire.
Homme ou femme, peu importe. Un esclave reste un esclave. Que ce soit les hommes ou les animaux, comme ces monstres qui jettent dans l’arène. A quelques couloirs de ma cellule, je sais qu’elle est toujours là, ma compagne. Celle qui est devenu mon alliée depuis le jour où je l’ai récupéré blessée en forêt. Une femme qui arrive à se faire obéir d’une tigresse, cela a intéressé plus d’un et encore plus quand c’est une esclave.
Notre duo a ébloui le seigneur qui après nous avoir acheté nous a transformés en gladiateurs. Bien qu’étant une femme banale, je ne manquais pas de vigueur. Quant à Elda, bien que sa fourrure serait de fière allure dans son salon, il préférait la voir en mouvement. On ne gâche pas de bons fruits.

C’est comme cela que notre nouvelle vie a débuté. Face à une montagne de muscle, une frêle femme et un jeune fauve ne payent pas de mine jusqu’à que leur étrange entente ne viennent à bout de leur adversaire. Mais c’est combats sont à la fois blasant et espérés puisque qu’ils sont à présent les seuls moments où nous sommes ensemble.
Elles sont loin les paisibles nuits où tu veillais sur mon sommeil. Sentir ta douce et chaude fourrure me manque terriblement ainsi que cette odeur de fauve qui s’en dégage et qui me grise à chaque fois. Grâce à ta présence, j’étais moins harcelée. Et grâce à ta présence, les villageois étaient moins craintifs des animaux qui rodaient la nuit entres les maisons.
Déterminé et silencieuse, tu avançais à pas de velours jusqu’à ta proie. Ton regard doré scintillait un instant avant que tu ne bondisses sur l’intrus. Sous la rapidité de l’attaque, il n’a pu émettre le moindre bruit. Tu es une chasseresse. Câline à des moments, cruelle à d’autres. Un corps féminin, mince mais tout en muscle. Souple, agile, munie de griffes tranchantes et d’un charme envoûtant. Jamais je ne tarirais d’éloges à ton écart, ni mon envie de ne plus être humaine.

Ce soir, en compagnie d’autres prisonniers, nous nous enfuirons en profitant du tour de garde de nos geôliers. Des mois de préparations, à planifier cette unique occasion, à perdre aussi certains de nos compatriotes.
Je ne sais comment, mais depuis le premier jour tu es capable de lire en moi. Tes sens sentent peut-être nos intentions d’évasions. Mais ce que je constate lors de nos retrouvailles est que tu calcules de plus en plus tes actions, réduisant peu à peu certaines attaques inutiles comme si tu voulais te préserver. Ne pas gâcher ton énergie. Tes mouvements se font précis, à l’affût de l’angle-mort de l’adversaire.

Je me rapproche de toi et tu viens te lover contre ma poitrine, un frère d’armes te délivre alors de tes entraves. Ton regard qui s’était éteint durant notre captivité devient brillant que des joyaux.

Je ne suis pas née pour être enchaînée, tu n’existes pas pour satisfaire les envies de riches industriels.

Sors tes poignards, je brandirais mon sabre. En femelles insoumises, allons récupérer notre liberté.

Temps : 30min.

Thème 6 : Super-héros ou Super-héroïne.

« – M’man, c’est quoi un super-héros ? »

Que pourrais-t-elle répondre ? Que ce sont des êtres dotés de super pouvoirs qui sauvent les personnes en détresses et arrêtent les méchants, qu’ils veillent sur la ville ? Qu’ils sont soit humains ou viennent d’une autre planète. Comme on en voit dans les dessins-animés.

Serait-ce mentir ? Pour préserver l’innocence des plus jeunes, il faut les laisser miroiter dans un monde imaginaire. Que les méchants ne font du mal qu’aux autres.
Pourtant cette nuit-là, alors que les soldats lâchaient des bombes sur les villages, ils étaient où les super-héros ? En pleine tea-party peut-être. Alors que les flammes engloutissaient les demeures et que les gens tentaient de fuir cet enfer, des hommes, des femmes et enfants agonisaient sous les gravats.
Des débris d’habitations et de corps se retrouvaient éparpillés au quatre vents, offrant un spectacle inoubliable aux villageois. La foi reste le dernier recours pour apaiser leurs âmes, leurs croyances sont leurs derniers rattachements. Mais comment les dieux peuvent laissés leurs peuples s’entre-tuer ?
Le chacun pour soi est une des décisions pour survivre, sacrifié une vie pour préserver la sienne.
Autour d’elle, les gens courent dans tous les sens, crient, pleurent ou implorent tandis qu’elle essaie de s’extirper de ce qui reste de sa demeure. Contre son flanc, un petit être hurle à plein poumon. Il ne demande qu’à vivre, rien de plus. Malheureusement ses forces s’amenuisent, la fatigue s’empare un peu plus d’elle et la sensation d’engourdissement se fait sentir. Une intense fuite de sang a lieu quelque part sur son corps.

Et puis, une ombre la recouvre. Elle distingue vaguement un jeune homme, un adolescent. Il semble lui quelque chose mais elle ne parvient pas à distinguer ses paroles. Cependant elle le voit affolé et il finit par pénétrer le haut du corps dans l’ouverture, avec difficulté il parvient à attraper le bébé de la femme et l’extirpa du trou. Mais quand ce fut le tour de la mère, la tâche s’avéra plus ardu. Il tira de toutes ses forces, à s’en faire craquer les articulations sous les pleurs du petit. Les décombres s’effondreront sur du vide grâce à un dernier effort du jeune homme.
Quelques instants après, la mère s’éteindra entre les bras de son sauveur.

« -Maman ? »

Après un instant d’hésitation, elle finira par dire à son fils que les super-héros sont comme à la télévision mais qu’ils apparaissent aussi dans la réalité. Que parfois, ils ne possèdent rien d’autre que leur courage mais qu’ils sont capables tout faire pour aider les autres ou sauver de parfaits inconnus.
Tout comme son père l’avait fait avec lui et sa première maman.
Jusque qu’à ce que l’innocence ne s’amenuise, son super-héros sera celui qui a pris la responsabilité de l’élever et le protéger.

Temps : 30min.

Et voilà, cet événement est terminé. il y a 18 participants mais seulement 22% sont restés jusq’à la fin et on enchaîné les 6 textes à la suite et 44% qui ont pu faire 4 textes.

Chapitre 2 : Lost in darkness

Le ciel nocturne aborda à présent une couleur angoissante, un bleu nuit avec des nuances de noires ténèbres. La pluie abondante ne faisait que accentuer la profondeur de l’angoisse qui avait fait prisonnière la capitale nippon déjà mortellement blessée.

Dans un appartement où la lumière n‘existait plus; tel un lien invisible, l’angoisse avait infiltré les rêves de la silhouette allongée à même le lit. La rougeur de son visage et l’odeur de son souffle indiquaient que l’alcool lui avait tenu compagnie. Mais cela lui suffira-t-il à oublier ? Même une seule nuit ?
La nuit était devenue son ennemie depuis fort longtemps, depuis la mort de Hokuto.
Pourtant son souhait lui avait permit de tenir, jusqu’à que celui-ci soit exaucé.
Maintenant la nuit empoisonnait son sommeil et son cœur. Les larmes avait peu à peu oublié son visage mais elles connaissaient encore son âme.

Pourtant alors que le sommeil paradoxal l’accueillait, un léger sourire s’était posé sur ses lèvres. Léger, éphémère et triste aussi. Comme le souvenir d’un bonheur perdu et que par on ne s’est quel miracle, celui-ci revient…même si ce n’est qu’une douce illusion. Un bonheur qu’il avait connu pendant une année. En compagnie d’eux. Jusqu’à que LUI ne mette  in terme à cette mascarade.
Au final tous ses moments n’étaient que des mensonges, ça et rien d’autre.
Son sourire si doux, son regard si tendre, ses mains si chaudes, sa présence si rassurante…tout ça n’était que du vide et il ne s’en était pas rendu compte.
Son sourire méprisant, son regard indifférent, ses mains glaciales, sa présence angoissante…et sa voix…si…manipulatrice.
LUI aussi il l’avait perdu.
Il ne lui restait plus personne, plus rien…sauf cet arbre qui était à l’origine de tout.

Tokyo.
Le soleil déjà haut dans le ciel, venait réchauffer de ses rayons la capitale du Japon. Le souffle du vent balayait doucement l’herbe, la faisant onduler, formant ainsi de petites vagues. Les pétales roses virevoltaient pendant leur descente vers le sol comme voulant refuser leur chute, car plus personne ne les remarque une fois qu’ils sont à terre.

L’air doux du printemps redonnait de l’énergie à tous. Sa douceur effaçant les cicatrices parfois laissées par la dureté de l’hiver. Les oiseaux, enfants du ciel et de la terre, parcouraient ce vaste bleu. Tel des messagers répandant les nouvelles de la Nature.
Pourtant malgré l’activité quotidienne de la capitale, il y avait des lieux qui respiraient la tranquillité. Où seul la Nature reprenaient ses droits. Le vent, les arbres, les oiseaux et tout forme de vie, hormis les humains, pouvaient y vivre et y laisser leurs empreintes même si celles-ci étaient invisibles à nos yeux.

Des cadres des plus paisibles pour une sortie surtout si cela est en compagnie des êtres qui nous sont chers. Des moments où seul le présent compte, des moments qui resteront gravés dans la mémoire. Ces moments c’est se créer des souvenirs.
Des souvenirs qui seront le baume soulageant les blessures du futur. Mais parfois cela ne suffit pas…

Aujourd’hui, ils étaient allés faire un pique-nique au parc Ueno, réputé pour ses nombreux et magnifiques cerisiers. Ensemble…comme avant. Du temps où il était encore insouciant. Oui, où il n’était encore qu’une proie faible et ignorante.

– Subaru ! Réveille-toi enfin !

– Subaru-kun ?

– Allô la Terre appelle Subaru Sumeragi ! Me recevez-vous ?

– Je crois qu’il ne t’entend pas.

– Je vais vous le réveiller moi !

– Hokuto-chan, tu ne devrais pas…

Soudain, une pluie glaciale s’abattit sur le jeune homme qui lui servait de jumeau, agissant comme une bonne douche écossaise !

Assit sur l’herbe, le jeune adolescent emmèrgea de sa rêverie, aidé par ce verre d’eau en plein figure. il lança un regard hagard envers sa jumelle et leur ami.

– AH ! C’EST FROID ! ! ! hum…heu…qui a-t-il ?

– Tu poses la question en plus ! répondit-elle, outrée. J’étais en pleine présentation de mes retouches de l’uniforme scolaire jusqu’à que je me rends compte que tu rêvassais ! Seï-chan, dis lui toi qu’il travaille trop et qu’il ne dort pas assez ! Tiens l’autre jour, il a faillit mettre le feu à l’appartement ! Heureusement que moi en tant que Grande Sœur Parfaite j‘étais présente sinon mon petit Subaru serait devenu un petit kebab bien cuit !

– Nee-san, c’est toi qui avait laissé les biscuits sur la plaque de cuisson, souffla timidement l’adolescent. Mais c’est vrai que c’était de ma faute.

Encore debout sur le pelouse, la jeune tokyoïte s’immobilisa. La plaisanterie était allé un peu trop loin.
Il y a quelques semaines, une complexe affaire avait été confié au jeune onmyouji. Son investissement dans ce travail avait été à la hauteur de sa négligence envers lui-même. A bout d’énergie, il s’était évanoui au cours d’une visite de sa soeur. Le remue-ménage fit qu’elle en oublia les cookies dans le four.

Attristé, l’ami des jumeaux se rapprocha du jeune homme. Se plaçant derrière lui, il serra le cadet dans ses bras.

– Je suis désolé Subaru-kun. Comme il y avait ce congrès de vétérinaires, je n’ai pas put rester avec vous. S j’avais sus, je n’y serais pas allé.

– Ce…ce n’est pas grave Seïshiro-san ! Ce n’est pas de ta faute !

– Tu es faible.

– Hein ?

La voix du vétérinaire était devenue soudainement froide, aussi tranchante qu’une lame d’acier.

– Faible et têtu. Je me demande si j’ai fais le bon choix.

– Seïshiro-san ?

Hokuto fit quelques pas en cercle puis elle se mit de nouveau face aux deux hommes.

– Seï-chan a raison. En plus tu es égoïste. Tu prends tellement soin des autres que tu te négliges et c’est à grand-mère et à moi de te prendre en charge. Si tu avais été plus fort, je n’aurais pas choisi de te protéger au point de devoir mourir à ta place.

L’apparence de l’aînée changea, sa veste de son uniforme scolaire commençait à prendre une couleur rouge foncé, le sang coulait le long du vêtement formant une petite flaque au pied de sa sœur.

Le temps s’était comme figé, les bruits du monde s’était tût laissant place à un lourd silence. Même la chaleur des rayons du soleil s’était remplacée par un froid inquiétant.

Soudain une pluie de pétales de cerisier les encercla. Lorsque celle-ci se dissipa, ils se retrouvèrent dans une illusion du Cerisier, celle d’un trou noir. A sa gauche, l’arbre était là, imposant et effrayant.
Subaru était debout en habit de cérémonie…et adulte…en face de lui…tel le reflet dans le miroir…Hokuto l’était elle aussi. Comme ce jour-là, le jour de sa mort, elle était couverte de son propre sang. Ce rouge hypnotisa le jeune onmyôji, il était comme pétrifié. Il regarda sa jumelle placé sa main sur sa blessure laissant le liquide de vie imprégné la chair. Le jeune homme était tellement absorbé par la couleur de celui-ci qu’il ne sentit pas deux bras l’enveloppé, ceux de son prédécesseur.
Seïshiro se tenait derrière lui, son corps était glacé. Tout comme sa voix.

Penchant sa tête, il murmura à l’oreille de son cadet.

– Elle est belle habillée ainsi, toi aussi. Je trouve que cette couleur vous va à ravie.

– S…Seï…shiro…

– Cela fait mal, n’est-ce pas ? Moi aussi j’ai eu la même blessure. Par ta faute. Car tu n’as pas sus me comprendre.

– Ar…arrête.

La main ensanglantée, il caressa la joue du plus jeune, y laissant une trace rouge carmin.

– Tu sais quoi Subaru-kun ? Je me demande si je t’ai une seule fois aimé avant notre combat.

– …je…

– Sur le moment oui mais avant…peut-être n’était-ce que du désir, après tout tu as un magnifique corps d’éphèbe. Les femmes ainsi que les hommes le regardent avides.

-…alors…pourquoi…tu…

– J’aurais pût te prendre lors de nos retrouvailles près du Nakano Sunplaza. Tu te souviens lorsque je t’ai effleuré la joue avant de partir ? Cela a était rapide mais tu as désiré autre qu’un combat pendant ce geste. Juste quelques instants.

– …arrête…

– Mais là aussi, il était plus plaisant de te laisser inassouvi. Dis-moi Subaru, m’aimes tu vraiment ? Moi, le Sakurazukamori ou mon masque de gentil vétérinaire ?

Rassemblant ses forces et essayant de calmer la folie des sentiments étreignant son cœur, il murmura avec difficulté.

– … le …sakura…zukamori…

– C’est bien ce que je pensais. Et maintenant que Hokuto et moi sommes morts par ta faute, que comptes-tu faire ?

–  Je l’ignore.

– Tu es pitoyable.

Le lâchant sans douceur,  il marcha en direction du corps sans vie de la jumelle, allongée sur le sol. Jusqu’à que une petite main attrape le pan de son imperméable noir.
Se retournant, il ne vît personne. Alors la prise tira vers le bas avec insistance. Baisant la tête, il en trouva la source.

Subaru, enfant, comme le jour de leur rencontre.

– Ne t’en vas pas !

Subaru, adulte, regarda sa version miniature tiré sur l’habit comme voulant ramener Seïshiro aux côtés du jeune homme.
Le regardant avec amusement, l’ancien gardien s’agenouilla.
L’enfant insista encore.

– Ne t’en vas pas ! On veut savoir si tu as dit la vérité lors de ce combat ! On a tout laissé tombé pour toi ! Alors on veut savoir !

Cet enfant,  lui, était sorti de son cœur afin de retenir une dernière fois l’homme qu’il aimait. Malgré tout ce qui s’était passé. Le pari, la vérité, la mort de Hokuto, sa disparition, les combats lors des retrouvailles, la mort de Seïshiro, sa succession en tant que Sakurazukamori, malgré tout ces évènements il voulait savoir si les paroles dites ce jour-là étaient sincères.

Reprenant son indifférence qui lui était caractéristique, Seïshiro donna une légère tape sur la tête de l’enfant qui se dématérialisa en une petite poignet de pétales roses. Ces pétales, comme guidés par un vent invisible, retournèrent auprès du jeune homme.
Subaru ouvrit machinalement la main, les pétales dansèrent au-dessus de celle-ci. Ce fût à ce moment-là qu’il se rendit compte que des branches de cerisier l’immobilisaient.
Lui lançant un dernier regard de mépris, l’ancien gardien disparût dans l’illusion, laissant son ancienne proie « mourir » dans le néant.

Une épaisse brume avait envahit le trou noir.
Les branches toujours enroulées autour de lui, mais à présents fluides, Subaru s’était assit contre le tronc de l’arbre, les jambes repliées, les bras autour de celles-ci et la tête posé sur les genoux.

Comme chaque soir, il revivait son passé. Ces moments où il croyait que deux resteraient toujours avec ses côtés. Jusqu’à que le rêve lui montre la vérité.
Pourtant cette fois-ci, son autre lui avait essayé de retenir celui qu’il aimait mais cela n’avait pas suffit. Encore une fois, il avait échoué.

L’alcool n’ont plus, n’avait pas suffit à oublier, à se laisser aller. Malgré la rencontre avec cette femme de bar, il n’avait pas pût s’abandonner au plaisir physique. Non, cela non plus il ne pouvait pas.
Il appartenait déjà à quelqu’un d’autre, depuis le jour où ils s’étaient rencontrés.
Chaque caresse de sa part, chaque fois que ses mains effleuraient sa peau, laissait une trace de brûlure qui agissait comme des chaînes de fer.
Sur chaque parcelle de son corps, il y avait sa marque. La marque de son pouvoir.
Depuis 16 ans, il était devenu sa propriété.

Mais cette fois, cette nuit. Il n’avait plus la force et l’envie de revenir. Même ses souvenirs restaient prisonniers de l’illusion. Il ne pouvait même plus se réfugier dans le monde de son passé.

Le cerisier s’illumina d’une couleur rougeâtre et, sous forme de sphères lumineuses, comparable à des lucioles, les âmes de ses victimes se rassemblèrent autour de l’onmyôji.
Le nouveau gardien se laissait « mourir » dans les ténèbres de son cœur.

to be continued

Chapitre 1 : Vérité cachée et répit éphémère (partie1)

Tokyo, belle ville métropolitaine où s’y déroule à présent les derniers moments de vie pour l’humanité car dit-ci quelques jours tout sera terminé, tout disparaîtra, le temps sera figé sur les ruines éternelles de l’empire humain. Dit-ci quelques jours la planète reprendra ses droits et sa liberté sur ce virus qu’elle a engendré et qui a finit par la souillé, la polluer, la faisant agoniser pendant beaucoup trop longtemps. Dès le début, elle craignait du futur de son « berger » , de ses décisions sur le troupeau qu’il devrait garder et protéger, de cet animal qui sera en haut de l’échelle de l‘évolution, de son fils qui au fil du temps se détournera finalement de ses objectifs pour connaître et vivre ce que l’on appelle les « plaisirs » dont certains seront plus que néfastes pour elle.
Un être vivant possédant un cœur spécial, d’où pouvait naître une infinité de sentiments dont seulement quelques-uns auront un nom, un cœur possédant deux faces afin de maintenir un équilibre physique et spirituel, un cœur qui donnera liberté ou enchaînement au corps auquel il appartient. Un cœur qui acceptera oui ou non les différents choix que le destin lui présentera et donc qui scellera ou non le futur de l’être humain auquel il est lié.
Un cœur pouvant être présenté comme une bombe à retardement.

Un « ultimatum », voilà ce que la Destiné a créer dans l’ombre en plus du futur de l’espèce humaine, un « jugement » qui sera apposé à une date précise, une « prophétie » qui s’achèvera soit dans le sang de la Terre soit dans celui de ses enfants.

Malgré qu’une grande partie d’eux la corrompe ou la renie, la Terre en aime. Ceux qui ont le privilège de recevoir cet amour malgré le fait qu’ils appartiennent à l’espèce humaine, plusieurs innocents qu’elle veut protéger quelques soit leurs origines, leurs apparences, leurs croyances, leurs statuts sociaux, ceux qui d’après elle ont vraiment le mérite ou le droit de vivre.
Parmi tous les humains, 14 deviendront ses armes ultimes contre la Destiné qui a forgé un tel futur pour l’espèce humaine, pour ses enfants. A leurs têtes, « Kamui ».

Toutes deux se livrant bataille, décidant du futur de ceux qui deviendront leurs pions pour la partie finale.
Des parties d’échec créant des moments de joies mais aussi de peines pour eux, des parties que la Terre a perdu, la Destiné victorieuse apposa ainsi de funestes destins pour les Dragons.
Détruisant ainsi toute raison de vivre pour la majeur partie des Anges et des Sceaux.
La dernière partie, la Bataille finale a commencé.
Ses 14 enfants se sont séparés en deux groupes, les Anges et les Sceaux. La Terre dirigera les Sceaux, la Destiné maniera les Anges.

Si la Terre perd cette bataille, l’espèce humaine dans son entièreté disparaîtra, son cœur à elle sera meurtrie à jamais de la mort des humains qu’elle voulait protéger, ceux qui avaient reçu, sans même le savoir, son amour. L’équilibre ne pourra être rétabli.
Si la Destiné perd cette bataille, l’espèce humaine survivra mais le futur de la planète sera entre les mains des humains qui aiment et veulent protéger la survie de la Nature, l’autre nom de la Terre.

« Kamui », si seulement le vrai « Kamui » pouvait se réveiller, si seulement la Destiné n’avait corrompue l’étoile jumelle du Messie. La déroutant ainsi de son véritable objectif.

Voilà une partie de ce qui a été révélé aux deux Anges tombés au combat, Seïshiro et Nataku.
Après la mort de chacun, la Terre avait réussi à retenir leurs âmes avant que celles-ci ne tombent dans le chaos destiné aux Anges.
Après un sommeil spirituel réparateur, elle leur révéla une partie de la vérité sur ce combat, qui d’un certain point de vue peut paraître cruel et inutile mais était peut-être inéluctable.
Elle révéla aussi que le futur est incertain mais a resté ainsi en suspension, la Destiné finira par y trouver la faille.
Plusieurs facteurs joue sur ce qu’on appelle le « futur »: la Terre, la Destiné, le cœur et les souhaits.
Seulement, il existe autant de façon de dérouter ou changer son destin, ou au contraire le subir, qu’il n’y a de cœur humain et de souhaits.
La Terre choisissant les objectifs de chacun, la Destiné apposant le destin de chacun, le cœur donnant liberté ou enchaînement à l’esprit et au corps, les souhaits qui dirigeront les actions de chacun.

La Terre donna ainsi une chance aux deux Anges de révéler, ne serait-ce une partie de la vérité aux Dragons encore en vie.
Le premier à « retourner » auprès d’eux, fût Seïshiro.
Utilisant un sort d’invocation, elle matérialisa l’âme de l’ancien Sakurazukamori.
Son objectif était de révéler une partie de la vérité sur le combat opposant les deux factions mais aussi de mettre au clair certains points avec son successeur avant que la Destiné n’achève définitivement le nouveau Sakurazukamori.

to be continued

Prologue : Insomnie

La nuit.
Tokyo, capitale nippone.
La pâle lune éclaire une ville à semi détruite.
Le campus Clamp.
Le ciel est entièrement dégager, dépourvu du moindre nuage.
La lumière bleutée de l’astre lunaire éclaire l’intérieur d’une chambre du campus, dont les rideaux non pas été tirés.
Il est tard, très tard.

Kamui n’arrive toujours pas à s’endormir, entravé par ses pensées.
Il commence à perdre de plus en plus espoir en l’avenir, son avenir, son destin.
Un destin des plus sombres pour l’adolescent âgé de 16 ans.
Des souvenirs lui reviennent en tête, de bonheur, en temps normal…si le destin ne l’avait pas accablé de malheurs.
La mort.
Elle était omniprésente, autant physique que moral.
Il y a quelques jours, un dragon était mort. Le deuxième. Ce fut l’Ange Nataku. Dont le souhait était de mourir de la main de l’être qu’il aimait le plus en protégeant l’être qui lui était le plus cher. Nataku ou Kazuki, fut tué par Fuma en protégeant Karen. A présent, il repose sous un arbre du campus, sous le même que « elle ». Désormais, il tiendrait compagnie à Kotori.
Kotori Môno, l’une des personnes que Kamui voulait protéger du combat final de cette planète. Mais il avait failli à sa promesse, elle connue une fin tragique, le coeur transpercé par l’Épée divine, la seconde, mise au monde par Tokiko Magami. Fuma s’était éveillé en tant qu’étoile jumelle de Kamui. Il est à présent le leader des Anges.
Kotori, Fuma. Kamui se souvient du temps où il était heureux en leur compagnie. Du temps de son enfance, le trio de gamins s’amusant dans le temple Togakushi.
Naïfs, innocents, insouciants. Ils pensaient qu’ils resteraient toujours ensemble mais les rouages du destin en avaient décidé autrement.
Saya, la mère de ses amis meure en donnant naissance à la première Épée divine. Lui et sa mère ont été obligés de fuir. S’éloigner du temple, de la famille Môno, partir le plus loin possible de Tokyo.
6 ans plus tard, sa mère meure à son tour en tant que Kagenie de la Terre, la protégeant des conséquences des actes de l’humanité et de sa cupidité. Il était revenu à Tokyo, avait retrouvé Fuma et Kotori, seulement les deux jeunes gens avaient un rôle à jouer pour le combat final de la planète.

14 personnes possédaient dans leur dos les ailes de Sceaux ou d’Anges.

Ten no Ryu, Chi no Ryu. (Dragon du Ciel, Dragon de la Terre)

Maintenant, il était seul.
Seul avec sa tristesse, ses doutes, ses craintes, son désespoir.
Kyogo, Saya, Tokiko, sa mère Thoru, Kotori. Tous avaient disparus, morts.

Subaru.
Lui aussi était parti, est-il encore en vie?
La mort du sakurazukamori avait détruit le chef du clan Sumeragi. Moralement, physiquement, sentimentalement.
Il se souvient du Rainbow Bridge, de lui et du corps sans vie que le brun au regard émeraude gardait contre sa poitrine.
De ce baiser.
Des lèvres de l’onmyoji sur celles de son vis-à-vis dont la chaleur corporelle n’était plus que glace.
Ce baiser, la preuve flagrante que l’onmyoji voulait rejoindre son ennemi, qu’il était et resterait à jamais sa proie. Le Gardien s’était emparé de l’âme et du coeur du Sumeragi.
« Ennemi », c’est fou comme cela sonne faux!
« Sa moitié », voilà qui est plus approprié!
Kamui eut un rire léger et triste à cette pensée. Il s’en voulait, il aurait dût comprendre la signification de ce baiser, de comprendre qu’il ne pouvait pas garder son ami, son confident semblable à un frère. Qu’il aurait dût le laisser « partir » mais le destin avance ses pions sur l’échiquier.
 croire que les Dieux se moquent éperdument des souhaits des humains. Cette partie arrive bientôt à son apogée. Le jour de la promesse approche, le combat ultime. Qui des deux « Kamui » allait survivre?

Arashi.
Elle aussi était partie, laissant derrière elle: les Sceaux…et Sorata. Le moine de Koyâ avait perdu l’usage de sa main droite mais aussi son sourire de joyeux luron, de boute-en-train.
« Plus on aime quelque un, plus on oublie que l’on blesse peut-être la personne à qui l’on tient ». Maintenant, Kamui a compris ce que voulait dire Karen.
Le jour de la mort du sakurazukamori, il avait ramené Subaru au campus pour le sauver, parce qu’il s’était attaché à lui au point de ne pas avoir sût comprendre le véritable souhait du Sumeragi: mourir de sa main à Lui. Seïshiro Sakurazuka.
Kamui se retourne à nouveau dans son lit, du côté de la fenêtre, cette fois.
Pourquoi?
Pourquoi n’arrivait-il pas à tendre un kekkaï, la seule condition pour être un Dragon du Ciel. Son souhait de retrouver Fuma n’était-il pas assez fort? Ou alors…ce n’était pas son vrai souhait?
Il ferma les yeux, un problème à la fois.
En premier, il fallait qu’il voit Subaru, mais encore fallait-il le retrouver. Cela aurait été plus simple de demander de l’aide à Hinoto. Cependant, son étrange comportement et surtout son aura aussi violente que de la lave, l’avait intrigué. Il avait fait part de ses doutes à Sorata, qui s’était empressé de créer un goho afin de surveiller et d’anticiper les prochaines attaques de la princesse yumemi envers les Sceaux.

2h00 du matin.
Non, il fallait agir, qu’il agisse.
Repoussant les draps du lit, il avance en direction de l’armoire situé au fond de la pièce. Après avoir enfilé un jean et une chemise blanche, il longe le mur et se dirige vers la fenêtre, à droite de son lit. Sa main emprisonne la poignet.
L’air frais de la nuit s’infiltre dans la pièce, jouant dans ses mèches brunes, caressant la peau de son visage. Puis, au bout de quelques minutes, le leader céleste se décide enfin à sortir dans la nuit bleutée.

La nuit.
Tokyo, capitale nippon.
Le campus Clamp.
La lumière bleutée de l’astre lunaire éclaire l’intérieur d’une chambre du Campus dont le lit est défait, vide.
Il est tard, très tard.

to be continued

Prologue : Nuit

 Notes :
Snow Bloody : nom inventé, cette drogue est fictive.
Shinigami : littéralement en japonais « dieu de la mort ».
Proie : le nom donné, dans cette fiction, aux personnes tuées par les Shinigami.

L’ombre furtive s’approcha des remparts, elle était là, il en avait la certitude. Elle s’était enfin décidée à venir malgré des jours d’hésitations et encore maintenant, il ne douta pas que son cœur était tiraillé entre l’envie de savoir et celle de fuir ces lieux hostiles. L’espace d’une seconde, un doux sourire se posa sur ses lèvres mais il disparut en un battement de cils, laissant place à un visage impassible car ce ne fut pas le moment, pour lui, de montrer son ancien souvenir.

Les minutes passèrent tandis qu’un souffle glacial mordit le château et ses ruines, faisant s’onduler l’herbe. Il voulait la torturer encore un peu, juste pour fignoler la préparation de leurs retrouvailles, distillant goutte par goutte les défenses de la jeune femme. Depuis le temps qu’il attendait ce moment, il se devait de montrer une certaine assurance qu’il n’avait pas du temps de son vivant.

Soupirant d’aise, il entama un mouvement dans sa direction tout en gardant ses sens sur le qui-vive, néanmoins il apprécierait que leur entrevue ne soit dérangée par un quelconque importun. Et d’une marche légère, il se rapprocha d’elle, réduisant par ses pas la distance qui séparait leurs deux corps désuni depuis si longtemps. Au fur et à mesure de son avancement, la force du vent augmentait graduellement comme si le souffle façonnait son entrée.

Seule, debout sur les remparts du château, elle attendait une réponse. Une réponse qui la blessera sans nul doute. L’air balaya la pierre, la faisant frissonner. Son cœur s’accélérait, elle qui n’était pas cardiaque allait finir par le devenir. Puis une nouvelle bourrasque la heurta violemment et lui fit perdre l’équilibre.
Quand soudain, le vent se tut. Un lourd et assourdissant silence s’installa dans la plaine, même cet agaçant croassement de corbeau s’était étouffé dans le décor nocturne. Le temps semblait s’être figé.

Lentement et par fragments, un ensemble de fleurs se composa à ses pieds comme par magie. Étonnée de cet évènement, elle le ramassa avec précaution. La clarté de la nuit lui permit de voir précisément le branchage qu’elle tenait dans ses mains. A sa grande surprise, il s’agissait d’une petite branche de cerisier parsemée de fleurs écloses et de quelques boutons.
Une nouvelle bourrasque meurtrit le lieu dévasté mais cette fois-ci la secousse était différente et paralysa la femme qui tenait toujours le rameau. Ce vent assez doux se mit à tourbillonner autour d’elle et des pétales rosés se mirent à nager dans le courant des cercles d’air. Peu à peu, certains se rassemblèrent face à elle et commencèrent à former une silhouette, humaine et légèrement plus grande qu’elle. Puis les fleurs troquèrent leur blanc ensanglanté contre une couleur chair. Comme une naissance, il se matérialisa ainsi sous ses yeux.

Manteau noir contre veste beige.

Toujours emprisonnés dans la colonne d’air où les pétales caressaient leurs silhouettes, ils se fixèrent, l’un froid et l’autre choquée. Alors un murmure à peine audible franchit les lèvres du jeune homme.

– « Cela faisait si longtemps…Mademoiselle. »

Le froid de ce mois hivernal fit apparaître son souffle tandis que la neutralité du ton de cette phrase heurta douloureusement le cœur de la jeune femme.

Tout avait commencé, il y a plusieurs mois. Le passé auquel il tenait et haïssait à la fois refit surface lorsque suite à d’étranges évènements il se devait de protéger ce qu’il détestait. Il pensait que son ancienne vie était enterrée, que rien ne pourrait le faire désobéir aux ordres de sa destinée ou devrait-on dire de son nouveau statut. Et pourtant, il allait devoir rouvrir les blessures qui ont causé sa perte et déchéance.

Marchant dans l’une des rues de la basse-ville faiblement éclairée par quelques enseignes, une masse le heurta en sortant d’une petite passerelle sur sa droite. La chose semblait tanguer sur place et le poussa molestement en marmonnant quelques jurons. A son apparence, on pouvait y voir un jeune drogué, le teint maladif, les cernes noires, les vêtements crasseux et l’odeur âcre qu’il dégageait montrait qu’il ne vivait que pour sa petite dose quotidienne. Mais la preuve incontestable fut la présence d’une marque bleu sur le contour des yeux et sur les tempes dut à la dépendance de Snow Bloody, une drogue devenu populaire ces dernières années. Rapidement, la substance devenait vitale pour eux jusqu’à qu’ils meurent d’une overdose ou de faim par le fait qu’ils finissaient par se nourrir exclusivement de cette poudre.

Une mort pitoyable du point de vue de certains de ses collègues. Les humains sont faibles et ignorants. S’enfermant chaque jour dans une routine ennuyeuse et le soir venu, une fois la porte du logis franchie, ils s’enferment dans le petit monde qu’est leur famille. Ils se persuadent que rien ne peut leurs arriver, que la douleur et la mort n’arrivent qu’aux autres. Jusqu’à que celles-ci abattent leurs haches aiguisées sur leurs misérables têtes.

Il aurait continué sa route si le débris qu’il l’avait bousculé ne le retenait pas par la manche. Son regard azur croisa alors des pupilles grises où il ne pouvait y lire qu’obsession, faim et mort. Un regard où la vie s’était estompée au fil des injections. Le cadet ne souhaitait qu’une chose, une chose que son aîné allait lui offrir.
Tenu toujours par le poignet, il guida le jeune vers un petit square situé à quelques rues du lieu de leur rencontre. En cette nuit de printemps, la température était très fraîche et le parc semblait avoir des difficultés à se réveiller de son sommeil hivernal.
Ils s’arrêtèrent près d’un prunier dont les boutons refusaient encore de s’ouvrir. Ce fut à ce moment-là que le plus jeune lâcha sa prise sur le bras secoureur. A quelques centimètres de l’autre, aucun de deux ne semblait vouloir réduire la distance entre leurs corps. Les secondes passèrent tandis qu’ils apprenaient à se connaître, répartissant les rôles avant de jouer la scène finale et ce juste en plongeant dans le regard du partenaire. Une fois décidés, l’aîné enlaça son cadet qui ferma les yeux sous l’étreinte.

Un petit moment de flottement et le plus jeune glissa contre le corps de son sauveur, son propre corps s’effondrant sur le sol… sans vie.

Quel fut son souhait ? Sentir une dernière fois la chaleur d’une étreinte et mourir loin du regard des autres. Comme par hasard, ils se sont croisés ; comme par hasard, un square tranquille ne se trouvait pas loin. Mais surtout la providence autorisa la partie dissimulée du sauveur à réagir à cette demande. Pures coïncidences ou Destin ?

S’agenouillant près du cadavre, Yoru le regarda froidement celui-ci. Mais un léger malaise l’étreignait car l’autre face de son être fut touchée par le regard de l’adolescent. « Il » avait repris le contrôle de son corps afin d’exaucer l’ultime souhait du jeune homme. L’un contre l’autre, des images avaient traversé son esprit : la vie d’un fils d’une famille aisée rongé par la maladie et qui était condamné à mourir très jeune. Puis la tentative d’échapper à la douleur croissante grâce à la Snow Bloody qui le mettait dans un état végétatif. Et un soir de printemps, un de ceux qui apposent la mort croisa son chemin. Il lui a suffi d’un instant pour comprendre la vérité sur l’inconnu qu’il avait bousculé exactement comme un animal sent venir sa propre mort. Un dernier regard avant de mettre l’habit de cérémonie, l’un en tant que Proie l’autre en tant que Shinigami. Et le second absorba l’âme du premier.
Yoru fixa ses mains, il sentit l’âme du jeune homme circuler à l’intérieur de ses veines, au chaud et à l’abri de toute tentative d’absorption démoniaque. Ce soir, il avait utilisé une méthode agréable envers la Proie pourtant il était tout aussi capable de tuer avec moins de délicatesse. L’âme étant immortelle, certains shinigami s’en servent comme arme en la soumettant à leurs pouvoirs, pire d’autres s’en nourrissent même. Et quelques-uns, semblables à des employés, agissent comme des prêtres. Chaque humain a une espérance de vie différente et une fois que celle-ci est achevé, aussi courte fut-elle, ces derniers shinigami doivent récupérer l’âme du défunt pour qu’elle puisse être jugée et par la suite pouvoir se réincarner à nouveau.

Le monde des morts est régit par la Milice, ces shinigami s’assurent que l’équilibre avec le monde des vivants soit constant. Ils sont même ceux, voir les seuls, qui ont le plus de compassion envers les humains. Yoru travaillait parfois eux mais n’appartenait pas à leur rang. Le passé de son ancienne vie avait laissé des cicatrices beaucoup trop douloureuses pour qu’il puisse refaire, à présent mort, le même genre de métier qu’il faisait lors de son vivant.

Lentement l’aurore apparaissait, une nouvelle journée commença. Une de plus pour son éternité.
Un bruit sec se fit entendre suivi par un bruit de pas sur l’herbe légèrement humide, sa compagne l’avait rejoint.

– « Maître, que fait-on de son corps ? » Demanda-t-elle avec calme.

Yoru fixa le soleil en train de naître à l’horizon, ses fragiles rayons illuminant la surface de la mer encore sombre. De son vivant, il avait contemplé souvent ce spectacle et cela était bien la seule chose qui n’avait pas changé. Il avait bien entendu la question de la démone mais le devenir du cadavre lui était totalement indifférent. Non pas qu’il soit cruel mais la vie, les sentiments, il les avait enfermé avec sa personnalité d’antan dans la partie la plus profonde de son cœur. Et même si ils refaisaient surface par moments, jamais il ne les laissait trop longtemps en liberté.

Une fine main effleura la sienne, l’invitant à partir. En tant que noctambules, il fut temps pour eux de dormir. Un sommeil sans rêves, une vie sans lumière, il était bien devenu le contraire de son vivant. Mais tout ceci allait peut-être de nouveau changer.

to be continued

Prologue : Il est temps de faire un choix.

<< Le temps imparti est presque écoulé, aussi elle savoure cet instant où elle est seule maîtresse de ses pensées. Elle se souvient de comment son calvaire a commencé et tente de trouver une réponse à : « Et maintenant, que vais-je faire ? » >>

Allongée dans le lit, à l’abri sous les couvertures, j’attends que le jour se lève. J’ignore depuis combien de temps je garde les yeux ouverts, je sais seulement que cela fait plusieurs jours que cette habitude s’est installée. Peut-être s’était-elle enclenché au moment où je réalisai qu’il ne me restait presque plus de temps. Bientôt tous les cauchemars et toutes les larmes s’effaceront.

Cette nuit je n’ai pas fermé la fenêtre et la morsure du vent vient érafler mon visage. Ce matin, le ciel est entièrement recouvert d’épais nuages et plus les minutes passent, plus ceux-ci prennent une teinture de gris bleuté. Dans les bois qui entourent l’immeuble, j’entends des oiseaux acclamer la vie, leurs vies. Aussi courtes soient-elles. Mais qui suis-je pour les juger ? J’avoue qu’intérieurement je les envies. Cela fait plus d’une année que Killia s’est réveillée, là, à l’intérieur de moi. Et depuis ce jour, elle dévore le moindre de mes sentiments et se délecte du temps que je possède. Celui-ci s’amenuise au fil de ses attaques, s’effrite à chacun de ses mots. Elle n’a jamais eu de considération envers l’hôte que je suis, ni envers mes prédécesseurs. Voilà plusieurs vies que ce schéma cyclique perdure et il continuera jusqu’à que mon âme s’épuise et disparaisse. Oui, les âmes des Faucheurs agissent comme un cancer, ils ont besoin d’humains qui feront office de cellule-hôte et ils contamineront insidieusement le moindre atome de leurs êtres jusqu’à que leurs espérances soient entièrement ingurgitées. Alors la Porte du Néant apparaîtra et signera la défaite de l’hôte. Son âme sera aspirée à l’intérieur, son cœur et sa mémoire deviendront des pages vierges et ainsi l’âme du Faucheur pourra prendre l’entière possession du corps devenu une coquille vide. Il était l’enjeu du pari.

Une seule chose peut stopper cette gangrène. On l’appelle la Source, elle est propre à chaque Faucheur. Elles peuvent être une pensée, un souhait, une obsession mais la majorité sont des personnes. Eux-seuls sont capables de libérer l’être humain de l’emprise de l’Original, l’autre nom de l’âme des Faucheurs. Cela semble facile mais il ne faut pas si fier, rare sont les fois où nous sommes sauvés et quand bien même ce ne sera que le répit d’une vie.
La pensée populaire de « notre » monde nous nommes communément les Faucheurs, il ne différencie pas l’hôte du contaminateur. Pour ma part, j’éprouve maintenant moins de rage à porter ce qualificatif qu’il y a 600 ans. Déjà six siècles que je ne me suis pas réincarnée en arbre ou en oiseau, que mon âme – non – que les essences de vies qui la forment n’ont pu rejoindre des éléments naturels.

Comme comparatif, je dirais que tout ceci est à l’égal d’un jeu vidéo excepté que vous recommencez sans cesse la même partie avec le même avatar. La seule variation est la durée entre le début et la finalité cependant cette donnée dépend de la volonté de l’être humain condamné. La force de l’Hôte est le résultat de la mise de ses vingt premières années, tout se joue durant ce laps de temps au cours duquel nous menons une existence ordinaire où le monde est tel que les livres et nos parents le décrivent. Une vie déjà remplie de rires et de pleurs, de colères aussi et de doutes. Une vie qui évolue ou bascule au fil des évènements qu’elle traverse.

Et un jour, tout se brise.

La vérité sur soi-même et sur le monde qui nous encercle éclate à notre visage. Dans un premier temps, j’ai essayé vainement de me raccrocher à l’innocence que l’on m’avait arraché. Ce fut un échec. Je ne pouvais rien effacer, ni l’intense douleur que j’ai ressentie ce jour-là, ni la présence de Killia. Ce rite de passage est en réalité une duperie pour nous les Hôtes. Passé le vingtième anniversaire, les particules qui forment l’âme du Faucheur sortent de leurs latences et s’agitent. Elles attendent le bon moment pour sortir, elles scrutent l’instant où une douleur insurmontable viendra briser l’infecté et de cette faille surgira l’Original.

Je me rappelle encore du jour où je suis devenu une Faucheuse. Après qu’il m’est avoué tout ce qu’il avait sur le cœur, je me suis enfuie. J’ai couru longtemps. J’avais tellement mal. Mes larmes et la pluie m’ont aveuglée et je n’ai pas vue la voiture. J’en garde un vague souvenir mais mon corps se souvient du choc. Quand j’ai ouvert les yeux, je me suis vue étendue par terre, écorchée de partout, les jambes blessées et le sang qui coulait de ma tête. Je n’étais plus dans mon corps, juste debout à côté. J’ai levé le regard et cru voir mon reflet l’espace d’un instant sauf que ma personne arborait un sourire satisfait. Elle s’est avancée, a enjambé mon cadavre et m’a enlacé. Elle avait aussi ma voix, je croyais que j’étais devenu folle. Son timbre était étonnement doux et moqueur. Elle murmurait de ne pas m’inquiéter, que tout était enfin fini. En réalité, tout allait commencer.
Des témoins de l’accident ont appelés les secours et après quelques heures à être coincée dans une salle opératoire, j’ai survécu. Il y a plus de peur que de mal. Un peu plus de deux mois après, je suis sortie mais je n’avais aucun endroit où me réfugier. J’étais partie sur un coup de tête, pour le rejoindre à 1200 km de chez moi. L’idiote, certes amoureuse mais je n’avais pas l’air fine ! Je me retrouvais seule dans une ville que je ne connaissais pas et sans un toit où dormir. Je me suis alors installée dans un hôtel avec le peu d’économie présente sur mon compte. Cet établissement n’existe plus et j’en suis l’unique responsable. Je n’arrivais plus à trouver le sommeil, je redoutais les venues de Killia. Durant l’hospitalisation, les médicaments m’aidaient à la supporter.

Et lors d’une nuit de démence, elle traversa la limite qui nous séparait et prît le contrôle de mon corps. Le reste se déroula comme dans un rêve. Devenu spectatrice, je la regardais prendre ses aises à se préparer, à s’habiller et remettre en ordre la chambre. Ma valise en main, elle a payé le séjour en feintant avec beaucoup d’émotions une urgence familiale. Une fois dehors, elle a fourré mes affaires dans la première poubelle car tout ce dont elle avait besoin était mes papiers, rien d’autre. Camouflée dans une ruelle, elle tendit la main et l’hôtel se transforma en un immense brasier. Ce sont deux cents quatorze personnes qui furent tuées. J’entendais tout, je voyais tout mais je ne pouvais agir. Cet enfer se serait étendu sans l’intervention de personnes que je connaissais que trop bien. Ma mémoire n’étant plus scellée, les souvenirs de mes anciennes vies me dictèrent tout ce que je savais sur ces inconnus qui combattaient pour m’arrêter.
Lorsque je repris mes esprits, je reposais contre le torse de Seb, ses puissants bras m’empêchant de fuir. Ces cinq présences apaisaient tout mon être. Depuis je vis auprès d’eux bien que je sois une Faucheuse.
Mais j’étais incomplète, je ne me rappelais pas comment déployer l’Entrave. L’Entrave scelle un lieu devenu un champ de bataille. Grâce à lui nous excluions les personnes extérieurs et ceux qui se retrouvent tout de même enfermés sont appelés les Innocents. Il est parfois plus facile de protéger des inconnus. Le plus étrange est que nous seuls, les Faucheurs, sommes dépositaire de l’Entrave et l’énergie qui nous permet de l’étendre est tout simplement celle que nous provoque la Source. Comme si malgré le malheur que nous répandions, nous avions encore une once d’humanité.

J’ai de nouveau le souffle coupé et je sens l’énergie de Killia presser ma poitrine. Elle va bientôt se réveiller et ce moment où je suis seul maître de mon corps s’estompe. Depuis plusieurs jours, cette sourde douleur située dans mon dos est constante et dans peu de temps, je ne pourrais plus retenir mes ailes ni ma faim.
Arriver à se nourrir de l’aura des vivants et de l’âme des morts, dans un sens je ne suis pas si différente du shinigami Yoru. Cet homme aussi porte un pêché dont le poids est semblable au mien. Sa croix était devenue trop lourde alors il l’a brûlé, à présent il paye le prix. Un matin en rentrant d’un travail, il m’a confié ces dires.

« – Il te reste encore une chance de t’en sortir car contrairement à moi tu es en vie. Je sais que cela est risqué mais tu devrais lui parler et lui dire toute la vérité. Sur toi, sur ce qui s’est passé cette année et sur lui. Lui qui sans le savoir est devenu plus qu’un simple humain, sur ce que cela signifie d’être la Source d’un Faucheur. Peut-être va-t-il avoir peur, te haïr ou te traiter de folle. Mais par ce biais, tu montreras à Killia que tu peux apposer tes proches choix. »

Oserais-je tout lui dire ? Quelles sont mes raisons de rester dans cette ville ? Que je n’ai rien manigancé quand nous avons rencontré ses amis dans ce bar ? Je ne pouvais deviner qu’elle était sa sœur, leurs noms sont si communs.
Au cours d’une sortie, mon cœur s’est enraillé lorsqu’une de ses amis, assise à côté de moi, à laisser s’échapper le nom de son copain. Brusquement, le contenu de ma coupe de glace était devenu le centre du monde. Je sentais le piège se refermer sur moi. Et ce qui devait se produire arriva.
Il n’a rien dit en me voyant et il n’était pas seul. Le rire de Killia résonne encore à mes oreilles. Sans rien laisser paraître et en particulier aux regards de mes amis, j’ai cédé plusieurs mois à l’Original.

En dépit de tout ceci, la puissance de mon Entrave s’est intensifiée. La Source a muté, elle n’était plus uniquement liée à lui mais au monde, son monde à lui. Le monde d’une personne est constitué de son passé et de son avenir, de ses rêves et de ses craintes, du présent dans lequel il gravite et des entités qui l’entourent.

Josh essaye souvent de connaître l’identité de ma Source, qu’il continue car cette fois – pour cette vie – je ne divulguerai rien. Par le passé, Victor et Valérie décrétèrent d’anéantir Killia lors de ses renaissances. Je ne nie pas le poids infligé par cette décision car elle les contraint à m’abattre bien que mon âme ne soit plus de ce monde. Depuis que je les fréquente, soit près de quatre siècles, le jugement dernier m’a été rendu de leurs mains à plusieurs occasions et malgré ce choix, les Gardiens cherchent toujours à déceler une solution pour suspendre ma malédiction.

Dehors, la brise est imprégnée d’humidité. La météo eu annoncée une nouvelle semaine de pluie. Doucement, je me frotte les mains engourdies par la basse température tout en faisant attention aux bandages qui les recouvrent. Ces marques datent d’un récent combat, il y a trois jours un démon nous a donné du fil à retordre. Audrey y a récité une prière des plus simples pour soigner nos blessures. Mais son effet a été inefficace sur moi. Elle a recommencé maintes fois, sans succès malgré toute sa volonté et son désespoir. A cet instant, quelque chose s’est brisé en moi et un froid glacial a enveloppé mon esprit.
Un mois et demi, c’est tout ce qu’il me restait.
Le schéma ne change jamais, au début les litanies deviendront inutiles puis je ne pourrais plus masquer mes ailes et ma fringale grignotera incessamment ma raison.

La continuité est ce que les Originaux cherchent à détruire et de ce fait les Hôtes atteignent rarement la trentaine. Sans l’aide de la Source, nous ne survivons que quelques années. Quand ai-je commencé à baisser les bras ? Je n’arrive pas à le définir, la mémoire des Faucheurs et des Gardiens sont scellées jusqu’à ce que ceux-ci se réveillent mais nous n’avons pas accès à l’entièreté de nos souvenirs. Certaines parties restent enfermées et seuls des éléments déclencheurs libèrent leurs contenus.

Je me rappelle pourtant de la première fois où j’ai pu enfanter, oui la naissance de ces jumelles avait représenté une victoire écrasante sur le souvenir de Killia. Cette euphorie était à la hauteur de celle provoquée quelques années auparavant lors de la défaite de l’Original face à l’homme qui était, à cette époque, la Source. Je n’osais croire que cela était réel, je l’avais tellement souhaité. Je crois que je mettais mise à aspirer à une vie plus lumineuse, de tirer parti des erreurs de mon long passé pour me forger un avenir que je voulais moins sombre. Ce fut aussi la première vie où je mourus de vieillesse.
Les deux vies qui suivirent celle-ci m’avaient permis d’appliquer ces bonnes résolutions et je n’avais été déçue du résultat bien que je n’y ai pas eu d’enfant. Le hasard a voulu que mon époux soit stérile et lors de l’existence suivante, ma Source était une femme. D’ailleurs ma rencontre avec elle avait failli mettre un terme à mes bonnes résolutions. J’avais été à deux doigts de la tuer. Mes amis lui ont effacé la mémoire et par la suite, nous avions finis par nous recroiser. Il lui avait fallu un peu de temps pour m’apprivoiser et il s’était avéré qu’elle était aussi merveilleuse que ces deux prédécesseurs. Eux trois avaient tenté de voir au-delà des apparences. Elle me comparait souvent à un oiseau blessé et baignant dans son sang, les promeneurs passent à côté de lui dégoutés par sa vue. Elle soupirait qu’il suffisait simplement de nettoyer son plumage pour voir apparaître une jolie corneille. De nous deux, ce fut elle la plus forte. Malgré la puissance de mes pouvoirs, ma volonté n’égalait pas la sienne, elle était capable d’affronter la vie avec ses capacités de simple humain. Elle est partie avant moi. Lui en ai-je voulu ? Oui car je suis égoïste. Je ne me souviens pas de ce que cela faisait de vivre avec l’être aimé jusqu’à la fin.
C’est comme si je visionnais le début et la fin d’un film mais que je n’arrivais qu’à entrevoir le milieu. Tout cela est frustrant au plus haut point.

Et il y a eu Lui. Notre histoire a été l’une des plus courtes et paradoxalement la plus intense. Cela avait plutôt mal commencé entre nous. Il s’était retrouvé coincé dans l’Entrave avec d’autres Innocents, le combat avait été ardu au point qu’il nous avait fallu changer de monde et on s’était tous retrouvés accidentellement séparés. J’ai passé une grande partie de mon temps à me disputer avec lui. J’essayais de me mettre à sa place, à se retrouver face à d’étranges créatures sa vision du monde s’en voyait bafoué. Soyons honnête, sarcasme devait être son deuxième nom. Il fut tellement borné que l’idée de l’abandonner dans un monde inconnu ne m’avait pas quitté avant la fin de cette expédition.
J’ai hurlé quand on a effacé leurs mémoires et qu’il s’avérait que le sort ne fonctionnait pas sur lui. Ce n’est pas commun mais il arrive que nous croisons des êtres sur lesquels le sortilège « Erase » est inefficace et généralement ces personnes sont des Sensibles, des humains avec une clairvoyance aiguë. Je comprenais mieux son comportement. Il ne ressentait aucune peur, il était juste exaspéré.
Cependant, cet incident a eu un impact positif. Il rencontrait enfin des personnes qui ne le prendraient pas pour un fou.

Au fil des semaines, son comportement changeait. Il devenait moins colérique et susceptible. Du moins, c’est ce que je croyais. Un jour, Josh a entraîné les autres dans une embuscade afin de nous rapprocher. Le déjeuner en groupe était devenu un déjeuner à deux. Ce fut à partir de là que sa porte me resta ouverte jour et nuit. Mais ma malédiction jetait une ombre sur nos vies. Et lorsque je lui avouai la méthode pour la stopper, ce sujet devint un sujet de discorde.
La vérité était qu’il ne me restait presque plus de temps. Face à cette situation urgente, il fit des pieds et des mains pour me convaincre de la tenter allant jusqu’à rendre nos nuits douloureuses. La méthode était devenue trop risquée et je lui rappelai qu’il pouvait perdre plus que sa vie. Mais avec lui s’était tout ou rien et je voulais vivre. Nos amis ne pouvaient que regarder nous déchirer, ils ont maintes fois essayés de nous raisonner sans succès.

Lorsque je me suis réveillée, il n’était plus là. Il y avait juste son cadavre pour refroidir les draps.
On avait tout calculé hormis un facteur, celui que l’on soit deux à être protégés. Quelques mois après, j’ai mis au monde l’une des causes de notre défaite. J’ignorais que je pourrais me mettre à haïr mon propre enfant. Au point que je n’ai pas su le sauver. Peut-être ne l’ai-je pas voulu.
Maintenant je m’en veux mais rien n’y changera. J’ai arrêté d’y croire depuis ces évènements. Mais là où le bât blesse est que durant le court temps où je ne suis qu’une humaine ordinaire, je continue à croire en l’avenir.

Le ciel blanchâtre m’éblouit. Ma décision est prise et le moment venu je ferais face à la Porte. Concernant la Source, je laisse le court du destin en décider car je souhaite aussi de savourer mes derniers moments avec ces êtres qui sont si chers à mon cœur et qui m’acceptent depuis tant de vies. Un jour prochain, l’aube deviendra mon crépuscule car choisir de ne pas choisir est aussi un choix.

« – Je t’avoue Killia que je n’ai qu’un regret, celui de ne pas connaître la saveur de ses lèvres. »

Tout à coup, quelqu’un toqua à la porte de la chambre. Celle-ci s’ouvrit timidement et laissa passer la tête d’Audrey. Cette intrusion sortit Crow de ses pensées et cette dernière se redressa faiblement dans son lit. Son corps endolori la fit s’écraser dans son oreiller. Soupirant d’amusement, la jeune gardienne rejoignit son amie pour l’aider à se lever.

« – Dis donc, tu as encore défait tes bandages ! taquina Audrey.

– Désolée, gémit Crow.

– Bon, j’arrange tout ça et on va rejoindre les autres. Le petit déjeuner est presque prêt.

– Il est si tard que ça ? s’inquiéta la plus jeune.

– Ca va, on a un peu de temps, rassura la plus âgée. D’abord je te rafistole un peu et si tu es sage, tout à l’heure je te préparais un bain spécial nature. »

Devant l’expression mitigée de Crow, Audrey rajouta : « Ne t’inquiètes pas, on t’attend.

Dehors le vent se renforça et balaya les ruelles, s’engouffrant à l’intérieur de ce labyrinthe moderne.
Lorsqu’il traversa une avenue, un mince filet de pensée s’immisça en lui : « Maître, je vous en pries. Souvenez-vous de moi. »
Puis la brise éparpilla ces particules jusqu’au cœur de la cité métropolite.

to be continued

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