Chapitre 2 : Souvenirs d’entraînements (partie 1)

« – Allez ! Concentres-toi ! PLUS VITE ! »

Les balles volaient de tous les côtés, le forçant à se diriger vers le centre de la salle. Il fallait trouver un couloir où se cacher et échapper à leur vigilance pendant quelques minutes, le temps de retrouver son souffle car depuis le début c’était sous forme de secondes qu’il reprenait un peu d’énergie.
A 50 mètres sur sa droite il vit une petite embouchure, c’était le moment propice, profitant de l’épaisseur de la brume il fonça sur le petit couloir adjacent. Les balles percutèrent le mur où il était adossé quelques secondes plus tôt.
Un étrange silence s’installa soudainement. Avait-il réussi son objectif ou bien était-ce un piège ?
Sortant de sa poche un couteau dont la lame était rétractive, il se rapprocha le près possible du couloir où quelques instants auparavant ses assaillants se trouvaient. Se servant de la lame comme d’un miroir, il scruta les environs. Personne mise à part la brume qui n’avait pas perdu de sa densité. Restant quand même sur ses gardes, il s’appuya contre le mur du petit couloir afin de reprendre un rythme respiratoire normal.
5 heures. Cela faisait 5 heures non-stop qu’il esquivait les balles.

Flash-back

Conduit par une des employés qui s’occupait de lui, il était en route pour son entraînement quotidien. Une salle située au troisième sous-sol servait de lieu d’entraînement, une surface plate mesurant 2 km sur 2 km et contrôlée par plusieurs ordinateurs qui matérialisaient les murs avant chaque simulation, il était ainsi possible former un nombre incalculable de terrains. Elle permettait aussi de créer des substituts, personnes en chair et en os doté d’une durée de vie définit, ainsi qu’appliquer des conditions climatiques réelles.
Subaru subissait quotidiennement plusieurs heures d’endurance afin d’améliorer sa résistance à l’effort physique.
On équipait son poignet d’une montre à écran digitale où s’affichaient deux données, la première était le temps passé dans la salle et la deuxième représentait ses points d’énergie sous la forme de barres verticales. La fatigue et les blessures réduisaient le nombre de ces dernières.
A chaque visite un objectif devait être accompli, parfois c’était de tenir le plus de temps possible comme rester pendant cinq heures en utilisant tous les moyens pour ne pas perdre trop d’énergie. Ou bien de neutraliser le plus de hologrammes créés par les ordinateurs de contrôle dans un laps de temps restreint. Tout ceci était dans l’uniquement but d’entraîner les anges à différentes situations.
Mais l’objectif, c’était à lui de le trouver et de l’exécuter.
Et parfois cela était très difficile.

Fin du flash-back

Une goutte…deux gouttes…trois gouttes…la brume s’était estompée pour laisser place à une pluie abondante réduisant la visibilité.
Cette pluie…cela lui rappelle sa première fois…ici…

C’était il y a 4 ans, il était âgé de 5 ans.

Ils étaient venus le chercher dans sa salle, l’une des employés l’avait prise dans ses bras et il avait été conduit jusqu’à ici.
Sans la moindre explication, il avait été laissé seul dans un labyrinthe sombre généré par les ordinateurs de contrôles, sous une pluie abondante et glaciale.

Il était resté là, debout, face au gouffre noir qui s’ouvrait à lui.
Au bout de vingt minutes, il s’était mis à avancer vers cette pénombre, d’un pas hésitant.
Il était trempé jusqu’au os, la température de son corps tremblant de froid chutait à vive allure. Complètement désorienté, il errait, se perdait au fil des minutes dans cette immensité de murs.
Son esprit finissait par s’embrumer, il chancelait parfois.
Finalement il trébucha et s’étala de tout son long sur le sol froid, la pluie n’ayant toujours pas cessé de tomber. Lors de sa chute, un petit bruit métallique s’était fait entendre.
Prenant appui sur ses avant-bras, il leva la tête et rétractant ses pupilles il scruta devant lui.
A à peine un mètre, une sorte de montre dont l’écran émettait une faible lumière.
Se relevant avec difficulté, il s’approcha de l’objet, grâce à la luminosité que dégageait l’écran, celle-ci frappa les bâtonnets des iris de ses yeux, lui permettant ainsi de voir dans ce labyrinthe complètement noir.
Ramassant la montre et la mettant à son poignet, il se remit en route. Sur l’écran était affiché : « temps restant: 4 heures ».

Il se stoppa brusquement, une odeur était dissimulée derrière celle de la pluie, une odeur pincée et pourtant douce, une odeur qu’il ne connaissait pas.
Ses pupilles toujours rétractées, il huma l’air puis fit pivoter ses « nekomimi » vers la direction d’où provenait l’odeur.
Mue par une force étrangère, il avança dans cette direction, d’un pas presque décidé.
A à la droite d’un carrefour, était posé contre le mur le corps d’un chien…sans vie.

Ce jour-là il y avait deux odeurs réunit en une seule, celle de la mort et celle d’un animal.
S’agenouillant face au corps sans vie du chien allongé sur le flanc, il s’était mis à caresser à sa douce tête.
Envahies par ses sentiments, il avait fini par s’allonger sur le sol trempé et glaciale. I prit le chien dans ses bras et le serra contre lui, voulant lui transmettre de la chaleur, ne prêtant pas attention au millier d’aiguilles glaciales, effet de la pluie, qui s’enfonçaient dans sa chair.
Il avait finit par s’endormir.
Lorsqu’il s’était réveillé, il était allongé dans son lit, à l’intérieur du dôme de verre de sa salle.
Il avait eu une forte fièvre suite à cette expérience et s’était réveillé 6 heures plus tard soit 2 heures après le temps limite.
Ce jour-là, il y a 4 ans, âgé de 5 ans, il avait découvert l’odeur de la mort, de la mort d’un animal.

Toujours adossé au mur, Subaru regarda sa montre: « temps actuel: 5h30m27s »

Cela faisait une demi-heure que les assaillants n’avaient pas tentés quoi que ce soit, ce qu’il voulait dire que c’était à lui de faire le premier pas.
Cela faisait une heure qu’ils avaient changé de méthode, au début ils cherchaient à l’effrayer et à le faire courir, visant toujours à côté puis ils ont commencés à tirer vraiment sur lui, l’une balle l’avait d’ailleurs touché à l’épaule droite, grâce à cette petite pause de trente minutes la blessure s’était refermée, donc il fallait esquiver les balles et se frayer un chemin dans la salle d’entraînement et maintenant ils faisaient en sorte de le guider de force vers le milieu de la salle, vers un terrain apparemment à découvert en plus…

Se redressant, les « nekomimis » en alertes, il entama sa marche vers le terrain à découvert que eux voulaient qu’il atteigne.

to be continued

Note de l’auteur: « nekomimis » veut dire en japonais: « oreilles de chat » que Subaru possédait en permanence quand il était enfant.

Chapitre 1 : Une cage où tout commença pour…

Son intimité se situe dans l’une des salles les plus reculées du Labo, au troisième sous-sol de celui-ci. Cet espace restreint est une cage où l’on le retient jalousement du regard du monde.

Cela fait 32 années que le projet ABYSSUM s’y déroule.
Ayant pour objectif de créer un être humain aux capacités sensorielles surdéveloppées, des milliers d’ovules et d’embryons furent manipulés entre ces murs mais aucun ne survécurent aux multitudes et exigeants tests.
Sauf un. Un unique spécimen supporta le déroulement des expériences, les chercheurs furent ravis d’aboutir à cette création parfaite. Mais une erreur s’était produite et seuls les individus le connaissant depuis sa naissance ont pu constater ce changement.
La vaste salle X-7 est de forme octogonale et rappelle une autre pièce où se déroule aussi un projet de création de vie. En son milieu trône un dôme, sa surface est lisse comme du verre et l’intérieur est remplie d’un liquide bleu azur.
C’est là qu’il vit, elle est sa tanière.
Constamment étudié par les scientifiques, il ne profite comme répit que les heures nocturnes et le temps accordé pendant les missions en surfaces.

La sonnerie qui retentit dans le troisième sous-sol indiqua à Tsubaki que la nuit venait de tomber. Elle décida donc de retourner tranquillement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une ombre furtive n’attire son attention à l’angle du couloir.

Il était tard. Les scientifiques s’empressèrent de finir l’enregistrement des données quotidiennes. Un lourd silence dominait la salle, à peine troublé par les marmonnements et le pianotage des claviers ; les hommes savaient qu’il allait bientôt arriver et prendre possession des lieux.
Cet endroit était à la fois son refuge et sa cellule. Contrairement à la plupart des A.N.G.E.S, il n’avait pas la permission de vivre dans un appartement. Aujourd’hui le temps était mauvais, aussi ne devait-il pas trop s’éterniser sous cette pluie battante.
Prenant un passage secret, situé à l’arrière d’un sex-shop et qui reliait la surface au deuxième sous-sol, il s’empressa dans les couloirs qui mène à sa demeure.
Cependant, la présence d’une petite voyeuse le titillait.

« – Et si je jouais avec… Tu n’arriveras pas à me suivre éternellement. » Pensa-t-il, son regard se tournant l’espace d’un instant vers le fond du couloir, derrière lui.

Ses yeux prirent alors une couleur saphir et ses pupilles se rétractèrent. Sans s’en rendre compte, sa victime commençait à s’enfoncer dans un labyrinthe interminable.
Un délicat parfum de rose émanait de l’inconnue et allait dévier contre toute attente son sort d’illusion.

Tsubaki trouvait que suivre à distance cet homme était une assez bonne distraction.
Les minutes passèrent et trouvant que cette promenade s’éternisait un peu trop à son goût, elle se décida à le rejoindre. Quand elle fut à sa hauteur, elle l’aborda avec sympathie.

« – Salut ! Tiens je ne t’avais jamais vu avant ! Ravie de te rencontrer ! »

Subaru, d’humeur assez maussade, la trouva quelque peu effronté et ne daigna pas lui répondre.

« – Oh ! Tu n’es pas du genre du bavard toi ! Dommage car… » Commença-t-elle sur un ton enjoué.

Cela en était trop pour lui et il coupa la phrase de cette fille qui l’abordait au mauvais moment et lors d’un mauvais jour.

« – Laisses-moi. » Grogna-t-il.

Le jeune homme n’avait qu’une envie, celle de rejoindre au plus vite « sa » salle pour se changer. Au vu des taches brunis et éparpillées sur son costume, le travail de ce début de soirée avait été assez salissant. Il n’appréciait guère ce style d’habit que l’on porte lors des soirées privées, le tissu raide et près du corps n’était pas pratique lorsqu’il fallait liquider une dizaine de personnes, de ne pas se ménager sur la décoration rougeâtre de la pièce où ils se trouvaient et de devoir revenir propre comme un sou neuf.
Demain matin, sa petite visite de courtoisie fera les gros titres de la presse.
Cependant cette nuit était particulière et cela l’avait un peu déconcentré. Ce qui était sur était que ses souvenirs viendront le tourmenter pendant son sommeil.

L’affiche numérique d’un moniteur affichait quatre heures du matin.
Etendu sur le sol à l’intérieur du dôme et les mains derrière la tête, Subaru fixait le plafond sans conviction.
Sa rencontre avec la jeune fille l’avait étonnement énervé bien qu’elle ne dégageait aucune agressivité. Peut-être était-ce cet infime odeur de rose qu’il l’avait trouvé ?

De l’autre côté de la paroi du dôme à demi-fermé, le dos contre le verre, une personne attendait que Subaru sorte de son mutisme qui durait depuis plus d’une heure. Il faut dire qu’il était un des rares humains envers qui le félin éprouvait de l’affection. Humains…enfin presque.
L’ange se décida à rompre le silence.

« – Nataku, qu’est-ce que tu en penses ? Demanda Subaru à l’encontre de son ami qui faisait des recherches sur la jeune fille dans les dossiers numériques du laboratoire.
– Je n’ai trouvé aucunes informations précises pour l’instant.
– Ennemie ou alliée ? Murmura-t-il, légèrement inquiet.
– Alliée je pense car elle ne figure dans aucun avis de recherche des Déchus.
– …tant mieux. Je suis désolé de t’avoir déranger à cette heure-ci.
– Ce n’est pas grave mais c’est bien parce que c’est toi. Au fait, cela faisait combien de temps que nous n’avions pas travailler ensemble ? Questionna Nataku.
– La dernière fois, je crois que c’était il y a 1 an.
– Kazuki en a fait une crise quand je lui en ai parlé ! Il tenait tellement participer au travail de ce soir, même si notre collaboration ne durait au final que quelques minutes et que c’était à toi de terminer le travail. Mais il t’adore aussi ! »

Un fin sourire apparut sur leurs visages à la pensée du petit garçon faisant une scène de jalousie à son frère, les bras croisés, des flammes dans les yeux et criant haut et fort qu’il ne parlerait plus à qui que ce soit. Si Subaru avait été présent, il n’aura eu qu’à proposer un entraînement avec Kazuki pour que celui-ci se mette à sautiller sur place, tout content et oubliant qu‘il voulait bouder. Une réaction typique d’un enfant !

Nataku et son petit frère Kazuki font partie du projet « Clover », visant à créer des copies parfaites d’un humanoïde qui possédait une puissance alliant magie et technologie.
Il y a 31 ans, le Labo découvrit l’existence d’un jeune enfant possédant des dons quelques peu étranges, il avait la capacité de ce lier à tout objet technologique et pouvait les manipuler à sa guise.
Après 1 an d’observation, les parents furent contactés et en échange d’une grosse somme d’argent, ils vendirent l’enfant au Labo.
Cet enfant de noble avait, pour cause de ses dons, jeté le déshonneur sur sa famille. Sa disparition en satisfaisait plus d’un.
Ainsi allait-il devenir une nouvelle arme pour l’Organisation.
Malheureusement, au bout de 3 ans de conditionnement, d’entraînements intensifs, de missions de plus en plus périlleuses, cet enfant de 10 ans rétrogradé à un statut de chien de combat avait fini par tomber dans les limbes de la folie. Son seul souhait était de retrouver sa liberté et de partir loin du Labo, loin de ses maîtres. Il était devenu incroyablement puissant, ce qui lui avait attiré les bonnes grâces des supérieurs de l’Organisation. Sa fuite a été une suite de meurtres sanglants, il détruisit toute personne qui lui faisait barrage mais…il n’était qu’un enfant d’une dizaine d’années dont le corps s’épuisait de jour en jour dût à une espèce de gangrène au cœur engendrée par un trop plein de surmenage et au déséquilibre psychique.
En plein combat, son cœur lâcha et le petit garçon tomba dans un coma dont il ne sortira pas. L’Organisation allait perdre un précieux poulain aussi décida-t-elle de créer le projet « Clover » visant à cloner l’enfant mais dont l’ADN serait modifié afin d’éviter la même erreur cardiaque et psychique.

Tout comme le projet Abyssum, il y eu des succès et des échecs avant de parvenir à stabiliser un spécimen : Nataku. Quinze ans plus tard, un deuxième Trèfle vit le jour : Kazuki.

Tous deux ainsi que Subaru se ressemblaient dans le sens où leur naissance n’était qu’au nom de la science mais aussi par le besoin de surpasser le Créateur en forgeant des armes humaines.
Lors de leur première rencontre, ils …

Nataku interrompit soudainement ses pensées.

« – J’ai trouvé quelque chose ! Va voir ! S’écria-t-il.
– Quoi donc ? »
Le félin se leva et sortit de l’espace du dôme pour rejoindre les ordinateurs situés sur le surplomb de la salle, là où les scientifiques faisaient leurs analyses.

Le casque relié à distance au fichier central du troisième sous-sol, le jeune Trèfle avait fini par casser le password d’une partie dissimulée du système et naviguais ainsi en toute liberté entre les dossiers, faisant apparaître les pages visitées sur l’un des écrans de la salle.

« – Voilà, j’ai réussi à entrer dans cette partie et après avoir taper « Tsubaki » cela me donne ça. »

[Page sur l’écran]
Nom : ####
Prénom : ####
Surnom : Tsubaki
Âge : 15 ans
Être : A.N.G.E pur
Physique : jeune fille possédant de courts cheveux bruns, les yeux d’un or pur, sa taille est de 1m57 pour un poids de 45Kg, d’une frêle apparence global.
Histoire : ###µµµµµ
Particularités : ###µµµµµ
Armes : ###µµµµµ
Dons : ###µµµµµ
Métier : ###µµµµµ
Une photo était affiché et Subaru reconnu la jeune fille. Mais le dossier était crypté presque dans son entièreté. Cela ne les avançait pas beaucoup.

« – C’est vague comme renseignements, soupira Subaru.
– Oui. Le nom et le prénom sont masqués, ce qui est normal puisque nous sommes dans les fichiers du troisième sous-sol mais le reste est protégé par un codage spécial et il m’est impossible de forcer cette protection car je n’ai jamais vu ce genre de cryptage pour le password. Au moins, on sait qu’elle n’est pas notre ennemie mais pour le reste…
-…cette sensation… lorsqu’elle était en face de moi… »

Flash-back

« – Oh tu n’es pas du genre du bavard toi ! Dommage car… » Commença-t-elle sur un ton enjoué.
Cela en était un peu trop pour lui et il coupa la phrase de cette fille qui l’abordait au mauvais moment et lors d’un mauvais jour.

« – Laisses-moi. Grogna-t-il.
– Pourquoi ? C’est amusant d’être avec les autres, non ? Et puis je voulais me dégourdir les jambes, lui répondit-t-elle sur un ton lasse et détaché.
– en détruisant mon illusion ? Reprocha-t-il avec une voix un peu plus menaçante.
– Ah tu as remarqué. Désolée mais je n’avais pas envie de m’éterniser non plus alors oui j’ai utilisé une petite farce pour en sortir même si ton sort était très bien réussi. Au passage, mon nom est Tsubaki, ajouta-t-elle en souriant. »

Que pouvait-il ajouter à ça. Rien. Le félin sentit un frisson son corps, cette jeune fille l’intriguait, elle lui semblait proche et lointaine. Il ne pouvait définir correctement son deuxième thème.
Sa perplexité n’échappa pas aux yeux de la jeune fille et elle profita de cette faille pour s’approcher de l’a.n.g.e. Elle s’arrêta à quelques centimètres de son corps et lui posa une question dont le ton cachait une certaine évidence.

« – Qui a-t-il ? »

Se rendant compte de sa proximité, Subaru recula d’un pas, sa méfiance grandissant en même temps que sa nervosité et bredouilla un : « Rien. »
Cette réponse fit apparaître une expression de surprise sur le visage de la jeune fille. Apparemment, elle s’attendait à autre chose.

« – Pourtant tu as l’air désorienté », sous-entendait-elle tout en se rapprochant à nouveau du jeune homme, qui cette fois ne broncha pas. Le corps de Tsubaki était à présent contre le sien, son regard capté par cet or si pur, il sentît ses fines mains blanches se posées sur son torse et y prendre appui alors que les lèvres de la demoiselle effleuraient le contour de son oreille gauche.

« -…tu le sens toi aussi… n’est pas ? »
Cette étrange question franchissa les douces lèvres de la jeune fille et percuta l’âme de l’A.N.G.E comme la révélation d’un secret, d’une vérité.

« – Qu’est-ce que c’est ? Murmura-t-il d’un souffle à peine perceptible.
– Je n’ai pas le droit de te le dire…un peu comme toi. »

Ce fut les derniers mots qu’elle prononça avant le laisser seul, debout dans le couloir, l’esprit troublé.

Fin du flash-back

Chassant ce souvenir de ses pensées, Subaru tourna son regard sur le mur de la salle où était accrochée une horloge à écran digitale, elle affichait cinq heures du matin. Il était un peu tard pour dormir néanmoins s’il ne se reposait pas, il manquerait d’énergie pour un nouveau travail. Après sa rencontre avec Tsubaki, il avait longuement hésité à appeler Nataku pour faire des recherches, ce qu’il avait finalement fait et les heures avaient défilé pendant que celui-ci explorait le système à la recherche de cette inconnue.
Le jeune homme aux cheveux blancs déconnecta son casque du réseau et jugea qu’il était temps pour lui de retourner dans sa propre salle pour dormir…du moins après une nouvelle crise de Kazuki sur le fait qu’il l’avait laissé seul et empêcher de venir le venir le rejoindre dans la salle de Subaru. La prochaine fois, Nataku regretta de ne pas l’avoir ligoté et bâillonné, cela aurait évité que tout le sous-sol ne soit réveillé par les braillements assourdissants de l’enfant.

« – Il va falloir que j’y aille. On s’y remet ce soir ? Demanda-t-il tout en défragmentant son casque grâce à ses dons.
– Entendu. Merci de ton aide.
– De rien. Maintenant, il va falloir que j’affronte le môme, soupira l’ange blanc. Il va se mettre à geindre car il ne t’a pas vu, ajouta le Trèfle en imaginant le savon que son jeune frère allait lui passer.
– Ne soit pas trop dur avec lui. Il est simplement un peu jaloux c’est tout. Tu me connais depuis plus longtemps que lui et aussi beaucoup mieux, sa réaction est celle d’un enfant qui ne veut pas partager ses amis », expliqua Subaru, amusé par leur relation fraternelle.

Le visage neutre, comme absorbé par un souvenir lointain, Nataku s’avança vers lui. Lorsqu’il fût assez près, il posa sa tête contre l’épaule de Subaru et ses mains sur les hanches de son ami. Celui-ci ferma les yeux et enlaça de ses bras le corps du jeune homme aux cheveux lunaires. Il savait parfaitement à ce qu’il pensait en ce moment.
Aujourd’hui était un jour particulier pour l’ange au regard d’émeraude. Le même jour, il y a plusieurs années auparavant, une histoire s’achevait par le départ d’une personne spéciale et une autre relation commençait par sa rencontre avec le jeune Trèfle. Ces deux personnes avaient une place unique dans sa vie.

« – Abyssum, tu te souviens de notre premier jour, ce fût celui de notre première mission. Deux chiots, voilà comment ils nous appelaient.
– Oui, nous avions rencontré Kuyo-san.
– Te souviens-tu du pacte que nous avions fait ce jour-là ? »

Nataku releva la tête et fermant les yeux, il posa son front contre celui de Subaru. Ils restèrent ainsi, immobiles dans l’obscurité des lieux, leurs deux corps légèrement éclairés par la lumière émise par l’un des écrans. Tous deux se rappelèrent de cette rencontre avec l’ange Kuyo et de ce qu’elle avait osé leur dévoiler.

to be continued

Prologue : Fiche d’identité

La salle était plongée dans le noir, seule la lumière des écrans d’ordinateurs brisait le charme maléfique de la pénombre. Sur l’un d’eux, une fenêtre numérique s’ouvra sur un dossier nommé « Projet ABYSSUM ».

/écran d’ordinateur/

Nom : aucun
Prénom : Subaru
Surnom : Abyssum
Âge : 25 ans (en apparence)
Être : A.N.G.E pur

Physique : jeune homme efféminé, il possède de courts cheveux noirs ornés de petits dégradés sur les côtés du visage. Ses yeux sont d’un vert intense devenant parfois éclatant, sa taille est de 1m70 pour un poids de 65Kg et malgré son corps fin il n’en est pas moins faible.

Histoire : Subaru est le résultat d’expériences sur des embryons humains; il y a 32 ans de cela, un groupe de scientifiques travaillant dans la génétique mit au point un projet visant à faire fusionner des embryons humains avec des cellules d’animaux afin d’obtenir un être vivant d’apparence humaine mais dont les capacités sensorielles seraient sur-développées.
Intéressé par ce projet et du fait du QI des scientifiques, le Labo les engagea.
C’est ainsi que débuta le projet ABYSSUM. Il s’en suivi des sélections des cobayes femelles et mâles (côté humain), des manipulations sur les ovules fécondés et les embryons humains, la fusion avec des cellules animales, l’utilisation d’utérus artificiels suite aux échecs des mères porteuse. Et tout cela sous la surveillance informatique. Sur les milliers d’embryons, un seul arriva à son terme de gestation, il fallut en tout 7 ans pour parvenir à la création parfaite.
La création fut nommée « Subaru » dut à son regard émeraude, rappelant une constellation d’étoiles : »Les Pléiades ».
Il partage ses gènes humains avec ceux d’un chat. Cela explique son corps fin et léger. Il se spécialise dans la discrétion et préfère l’attaque nocturne.

Caractère : calme voir indifférent, il exécute ses missions en solitaire ce qui fait qu’il est peu sociable néanmoins il est « apprivoiser ». Ayant toujours été considéré comme une création, une œuvre, et non un être vivant il reste sur ses gardes, comme un chat, et se méfie des humains, mise à part ses « maîtres ». Il ne se sent pas très concerné dans cette opposition de clans A.N.G.E.S. Tueur obéissant, son indifférence lors d’un « travail » frôle la cruauté. Il ne se montre doux que envers les animaux et notamment les chats.

Particularités : ses pupilles se rétractent lors qu’il fixe intensément sa cible et lorsqu’il l’utilise un maboroshi (illusions).

Armes : ses griffes rétractiles situées sous ses ongles, son Eagle (arme à feu munie d’un silencieux), combat parfois au corps à corps.

Dons : utilise un maboroshi pour enfermer l’esprit des gens dans une illusion. Comme les félins, il a une bonne vue nocturne mais meilleure au niveau des profondeurs et de la netteté dut à son côté humain. Son ouïe, son odorat et son toucher sont surdéveloppés par rapport à ceux des humains.
Communique avec les chats, ceux-ci lui répondent par la pensée.

Métier : Tueur, espion.

to be continued

Chapitre 2 : Lost in darkness

Le ciel nocturne aborda à présent une couleur angoissante, un bleu nuit avec des nuances de noires ténèbres. La pluie abondante ne faisait que accentuer la profondeur de l’angoisse qui avait fait prisonnière la capitale nippon déjà mortellement blessée.

Dans un appartement où la lumière n‘existait plus; tel un lien invisible, l’angoisse avait infiltré les rêves de la silhouette allongée à même le lit. La rougeur de son visage et l’odeur de son souffle indiquaient que l’alcool lui avait tenu compagnie. Mais cela lui suffira-t-il à oublier ? Même une seule nuit ?
La nuit était devenue son ennemie depuis fort longtemps, depuis la mort de Hokuto.
Pourtant son souhait lui avait permit de tenir, jusqu’à que celui-ci soit exaucé.
Maintenant la nuit empoisonnait son sommeil et son cœur. Les larmes avait peu à peu oublié son visage mais elles connaissaient encore son âme.

Pourtant alors que le sommeil paradoxal l’accueillait, un léger sourire s’était posé sur ses lèvres. Léger, éphémère et triste aussi. Comme le souvenir d’un bonheur perdu et que par on ne s’est quel miracle, celui-ci revient…même si ce n’est qu’une douce illusion. Un bonheur qu’il avait connu pendant une année. En compagnie d’eux. Jusqu’à que LUI ne mette  in terme à cette mascarade.
Au final tous ses moments n’étaient que des mensonges, ça et rien d’autre.
Son sourire si doux, son regard si tendre, ses mains si chaudes, sa présence si rassurante…tout ça n’était que du vide et il ne s’en était pas rendu compte.
Son sourire méprisant, son regard indifférent, ses mains glaciales, sa présence angoissante…et sa voix…si…manipulatrice.
LUI aussi il l’avait perdu.
Il ne lui restait plus personne, plus rien…sauf cet arbre qui était à l’origine de tout.

Tokyo.
Le soleil déjà haut dans le ciel, venait réchauffer de ses rayons la capitale du Japon. Le souffle du vent balayait doucement l’herbe, la faisant onduler, formant ainsi de petites vagues. Les pétales roses virevoltaient pendant leur descente vers le sol comme voulant refuser leur chute, car plus personne ne les remarque une fois qu’ils sont à terre.

L’air doux du printemps redonnait de l’énergie à tous. Sa douceur effaçant les cicatrices parfois laissées par la dureté de l’hiver. Les oiseaux, enfants du ciel et de la terre, parcouraient ce vaste bleu. Tel des messagers répandant les nouvelles de la Nature.
Pourtant malgré l’activité quotidienne de la capitale, il y avait des lieux qui respiraient la tranquillité. Où seul la Nature reprenaient ses droits. Le vent, les arbres, les oiseaux et tout forme de vie, hormis les humains, pouvaient y vivre et y laisser leurs empreintes même si celles-ci étaient invisibles à nos yeux.

Des cadres des plus paisibles pour une sortie surtout si cela est en compagnie des êtres qui nous sont chers. Des moments où seul le présent compte, des moments qui resteront gravés dans la mémoire. Ces moments c’est se créer des souvenirs.
Des souvenirs qui seront le baume soulageant les blessures du futur. Mais parfois cela ne suffit pas…

Aujourd’hui, ils étaient allés faire un pique-nique au parc Ueno, réputé pour ses nombreux et magnifiques cerisiers. Ensemble…comme avant. Du temps où il était encore insouciant. Oui, où il n’était encore qu’une proie faible et ignorante.

– Subaru ! Réveille-toi enfin !

– Subaru-kun ?

– Allô la Terre appelle Subaru Sumeragi ! Me recevez-vous ?

– Je crois qu’il ne t’entend pas.

– Je vais vous le réveiller moi !

– Hokuto-chan, tu ne devrais pas…

Soudain, une pluie glaciale s’abattit sur le jeune homme qui lui servait de jumeau, agissant comme une bonne douche écossaise !

Assit sur l’herbe, le jeune adolescent emmèrgea de sa rêverie, aidé par ce verre d’eau en plein figure. il lança un regard hagard envers sa jumelle et leur ami.

– AH ! C’EST FROID ! ! ! hum…heu…qui a-t-il ?

– Tu poses la question en plus ! répondit-elle, outrée. J’étais en pleine présentation de mes retouches de l’uniforme scolaire jusqu’à que je me rends compte que tu rêvassais ! Seï-chan, dis lui toi qu’il travaille trop et qu’il ne dort pas assez ! Tiens l’autre jour, il a faillit mettre le feu à l’appartement ! Heureusement que moi en tant que Grande Sœur Parfaite j‘étais présente sinon mon petit Subaru serait devenu un petit kebab bien cuit !

– Nee-san, c’est toi qui avait laissé les biscuits sur la plaque de cuisson, souffla timidement l’adolescent. Mais c’est vrai que c’était de ma faute.

Encore debout sur le pelouse, la jeune tokyoïte s’immobilisa. La plaisanterie était allé un peu trop loin.
Il y a quelques semaines, une complexe affaire avait été confié au jeune onmyouji. Son investissement dans ce travail avait été à la hauteur de sa négligence envers lui-même. A bout d’énergie, il s’était évanoui au cours d’une visite de sa soeur. Le remue-ménage fit qu’elle en oublia les cookies dans le four.

Attristé, l’ami des jumeaux se rapprocha du jeune homme. Se plaçant derrière lui, il serra le cadet dans ses bras.

– Je suis désolé Subaru-kun. Comme il y avait ce congrès de vétérinaires, je n’ai pas put rester avec vous. S j’avais sus, je n’y serais pas allé.

– Ce…ce n’est pas grave Seïshiro-san ! Ce n’est pas de ta faute !

– Tu es faible.

– Hein ?

La voix du vétérinaire était devenue soudainement froide, aussi tranchante qu’une lame d’acier.

– Faible et têtu. Je me demande si j’ai fais le bon choix.

– Seïshiro-san ?

Hokuto fit quelques pas en cercle puis elle se mit de nouveau face aux deux hommes.

– Seï-chan a raison. En plus tu es égoïste. Tu prends tellement soin des autres que tu te négliges et c’est à grand-mère et à moi de te prendre en charge. Si tu avais été plus fort, je n’aurais pas choisi de te protéger au point de devoir mourir à ta place.

L’apparence de l’aînée changea, sa veste de son uniforme scolaire commençait à prendre une couleur rouge foncé, le sang coulait le long du vêtement formant une petite flaque au pied de sa sœur.

Le temps s’était comme figé, les bruits du monde s’était tût laissant place à un lourd silence. Même la chaleur des rayons du soleil s’était remplacée par un froid inquiétant.

Soudain une pluie de pétales de cerisier les encercla. Lorsque celle-ci se dissipa, ils se retrouvèrent dans une illusion du Cerisier, celle d’un trou noir. A sa gauche, l’arbre était là, imposant et effrayant.
Subaru était debout en habit de cérémonie…et adulte…en face de lui…tel le reflet dans le miroir…Hokuto l’était elle aussi. Comme ce jour-là, le jour de sa mort, elle était couverte de son propre sang. Ce rouge hypnotisa le jeune onmyôji, il était comme pétrifié. Il regarda sa jumelle placé sa main sur sa blessure laissant le liquide de vie imprégné la chair. Le jeune homme était tellement absorbé par la couleur de celui-ci qu’il ne sentit pas deux bras l’enveloppé, ceux de son prédécesseur.
Seïshiro se tenait derrière lui, son corps était glacé. Tout comme sa voix.

Penchant sa tête, il murmura à l’oreille de son cadet.

– Elle est belle habillée ainsi, toi aussi. Je trouve que cette couleur vous va à ravie.

– S…Seï…shiro…

– Cela fait mal, n’est-ce pas ? Moi aussi j’ai eu la même blessure. Par ta faute. Car tu n’as pas sus me comprendre.

– Ar…arrête.

La main ensanglantée, il caressa la joue du plus jeune, y laissant une trace rouge carmin.

– Tu sais quoi Subaru-kun ? Je me demande si je t’ai une seule fois aimé avant notre combat.

– …je…

– Sur le moment oui mais avant…peut-être n’était-ce que du désir, après tout tu as un magnifique corps d’éphèbe. Les femmes ainsi que les hommes le regardent avides.

-…alors…pourquoi…tu…

– J’aurais pût te prendre lors de nos retrouvailles près du Nakano Sunplaza. Tu te souviens lorsque je t’ai effleuré la joue avant de partir ? Cela a était rapide mais tu as désiré autre qu’un combat pendant ce geste. Juste quelques instants.

– …arrête…

– Mais là aussi, il était plus plaisant de te laisser inassouvi. Dis-moi Subaru, m’aimes tu vraiment ? Moi, le Sakurazukamori ou mon masque de gentil vétérinaire ?

Rassemblant ses forces et essayant de calmer la folie des sentiments étreignant son cœur, il murmura avec difficulté.

– … le …sakura…zukamori…

– C’est bien ce que je pensais. Et maintenant que Hokuto et moi sommes morts par ta faute, que comptes-tu faire ?

–  Je l’ignore.

– Tu es pitoyable.

Le lâchant sans douceur,  il marcha en direction du corps sans vie de la jumelle, allongée sur le sol. Jusqu’à que une petite main attrape le pan de son imperméable noir.
Se retournant, il ne vît personne. Alors la prise tira vers le bas avec insistance. Baisant la tête, il en trouva la source.

Subaru, enfant, comme le jour de leur rencontre.

– Ne t’en vas pas !

Subaru, adulte, regarda sa version miniature tiré sur l’habit comme voulant ramener Seïshiro aux côtés du jeune homme.
Le regardant avec amusement, l’ancien gardien s’agenouilla.
L’enfant insista encore.

– Ne t’en vas pas ! On veut savoir si tu as dit la vérité lors de ce combat ! On a tout laissé tombé pour toi ! Alors on veut savoir !

Cet enfant,  lui, était sorti de son cœur afin de retenir une dernière fois l’homme qu’il aimait. Malgré tout ce qui s’était passé. Le pari, la vérité, la mort de Hokuto, sa disparition, les combats lors des retrouvailles, la mort de Seïshiro, sa succession en tant que Sakurazukamori, malgré tout ces évènements il voulait savoir si les paroles dites ce jour-là étaient sincères.

Reprenant son indifférence qui lui était caractéristique, Seïshiro donna une légère tape sur la tête de l’enfant qui se dématérialisa en une petite poignet de pétales roses. Ces pétales, comme guidés par un vent invisible, retournèrent auprès du jeune homme.
Subaru ouvrit machinalement la main, les pétales dansèrent au-dessus de celle-ci. Ce fût à ce moment-là qu’il se rendit compte que des branches de cerisier l’immobilisaient.
Lui lançant un dernier regard de mépris, l’ancien gardien disparût dans l’illusion, laissant son ancienne proie « mourir » dans le néant.

Une épaisse brume avait envahit le trou noir.
Les branches toujours enroulées autour de lui, mais à présents fluides, Subaru s’était assit contre le tronc de l’arbre, les jambes repliées, les bras autour de celles-ci et la tête posé sur les genoux.

Comme chaque soir, il revivait son passé. Ces moments où il croyait que deux resteraient toujours avec ses côtés. Jusqu’à que le rêve lui montre la vérité.
Pourtant cette fois-ci, son autre lui avait essayé de retenir celui qu’il aimait mais cela n’avait pas suffit. Encore une fois, il avait échoué.

L’alcool n’ont plus, n’avait pas suffit à oublier, à se laisser aller. Malgré la rencontre avec cette femme de bar, il n’avait pas pût s’abandonner au plaisir physique. Non, cela non plus il ne pouvait pas.
Il appartenait déjà à quelqu’un d’autre, depuis le jour où ils s’étaient rencontrés.
Chaque caresse de sa part, chaque fois que ses mains effleuraient sa peau, laissait une trace de brûlure qui agissait comme des chaînes de fer.
Sur chaque parcelle de son corps, il y avait sa marque. La marque de son pouvoir.
Depuis 16 ans, il était devenu sa propriété.

Mais cette fois, cette nuit. Il n’avait plus la force et l’envie de revenir. Même ses souvenirs restaient prisonniers de l’illusion. Il ne pouvait même plus se réfugier dans le monde de son passé.

Le cerisier s’illumina d’une couleur rougeâtre et, sous forme de sphères lumineuses, comparable à des lucioles, les âmes de ses victimes se rassemblèrent autour de l’onmyôji.
Le nouveau gardien se laissait « mourir » dans les ténèbres de son cœur.

to be continued

Prologue : Insomnie

La nuit.
Tokyo, capitale nippone.
La pâle lune éclaire une ville à semi détruite.
Le campus Clamp.
Le ciel est entièrement dégager, dépourvu du moindre nuage.
La lumière bleutée de l’astre lunaire éclaire l’intérieur d’une chambre du campus, dont les rideaux non pas été tirés.
Il est tard, très tard.

Kamui n’arrive toujours pas à s’endormir, entravé par ses pensées.
Il commence à perdre de plus en plus espoir en l’avenir, son avenir, son destin.
Un destin des plus sombres pour l’adolescent âgé de 16 ans.
Des souvenirs lui reviennent en tête, de bonheur, en temps normal…si le destin ne l’avait pas accablé de malheurs.
La mort.
Elle était omniprésente, autant physique que moral.
Il y a quelques jours, un dragon était mort. Le deuxième. Ce fut l’Ange Nataku. Dont le souhait était de mourir de la main de l’être qu’il aimait le plus en protégeant l’être qui lui était le plus cher. Nataku ou Kazuki, fut tué par Fuma en protégeant Karen. A présent, il repose sous un arbre du campus, sous le même que « elle ». Désormais, il tiendrait compagnie à Kotori.
Kotori Môno, l’une des personnes que Kamui voulait protéger du combat final de cette planète. Mais il avait failli à sa promesse, elle connue une fin tragique, le coeur transpercé par l’Épée divine, la seconde, mise au monde par Tokiko Magami. Fuma s’était éveillé en tant qu’étoile jumelle de Kamui. Il est à présent le leader des Anges.
Kotori, Fuma. Kamui se souvient du temps où il était heureux en leur compagnie. Du temps de son enfance, le trio de gamins s’amusant dans le temple Togakushi.
Naïfs, innocents, insouciants. Ils pensaient qu’ils resteraient toujours ensemble mais les rouages du destin en avaient décidé autrement.
Saya, la mère de ses amis meure en donnant naissance à la première Épée divine. Lui et sa mère ont été obligés de fuir. S’éloigner du temple, de la famille Môno, partir le plus loin possible de Tokyo.
6 ans plus tard, sa mère meure à son tour en tant que Kagenie de la Terre, la protégeant des conséquences des actes de l’humanité et de sa cupidité. Il était revenu à Tokyo, avait retrouvé Fuma et Kotori, seulement les deux jeunes gens avaient un rôle à jouer pour le combat final de la planète.

14 personnes possédaient dans leur dos les ailes de Sceaux ou d’Anges.

Ten no Ryu, Chi no Ryu. (Dragon du Ciel, Dragon de la Terre)

Maintenant, il était seul.
Seul avec sa tristesse, ses doutes, ses craintes, son désespoir.
Kyogo, Saya, Tokiko, sa mère Thoru, Kotori. Tous avaient disparus, morts.

Subaru.
Lui aussi était parti, est-il encore en vie?
La mort du sakurazukamori avait détruit le chef du clan Sumeragi. Moralement, physiquement, sentimentalement.
Il se souvient du Rainbow Bridge, de lui et du corps sans vie que le brun au regard émeraude gardait contre sa poitrine.
De ce baiser.
Des lèvres de l’onmyoji sur celles de son vis-à-vis dont la chaleur corporelle n’était plus que glace.
Ce baiser, la preuve flagrante que l’onmyoji voulait rejoindre son ennemi, qu’il était et resterait à jamais sa proie. Le Gardien s’était emparé de l’âme et du coeur du Sumeragi.
« Ennemi », c’est fou comme cela sonne faux!
« Sa moitié », voilà qui est plus approprié!
Kamui eut un rire léger et triste à cette pensée. Il s’en voulait, il aurait dût comprendre la signification de ce baiser, de comprendre qu’il ne pouvait pas garder son ami, son confident semblable à un frère. Qu’il aurait dût le laisser « partir » mais le destin avance ses pions sur l’échiquier.
 croire que les Dieux se moquent éperdument des souhaits des humains. Cette partie arrive bientôt à son apogée. Le jour de la promesse approche, le combat ultime. Qui des deux « Kamui » allait survivre?

Arashi.
Elle aussi était partie, laissant derrière elle: les Sceaux…et Sorata. Le moine de Koyâ avait perdu l’usage de sa main droite mais aussi son sourire de joyeux luron, de boute-en-train.
« Plus on aime quelque un, plus on oublie que l’on blesse peut-être la personne à qui l’on tient ». Maintenant, Kamui a compris ce que voulait dire Karen.
Le jour de la mort du sakurazukamori, il avait ramené Subaru au campus pour le sauver, parce qu’il s’était attaché à lui au point de ne pas avoir sût comprendre le véritable souhait du Sumeragi: mourir de sa main à Lui. Seïshiro Sakurazuka.
Kamui se retourne à nouveau dans son lit, du côté de la fenêtre, cette fois.
Pourquoi?
Pourquoi n’arrivait-il pas à tendre un kekkaï, la seule condition pour être un Dragon du Ciel. Son souhait de retrouver Fuma n’était-il pas assez fort? Ou alors…ce n’était pas son vrai souhait?
Il ferma les yeux, un problème à la fois.
En premier, il fallait qu’il voit Subaru, mais encore fallait-il le retrouver. Cela aurait été plus simple de demander de l’aide à Hinoto. Cependant, son étrange comportement et surtout son aura aussi violente que de la lave, l’avait intrigué. Il avait fait part de ses doutes à Sorata, qui s’était empressé de créer un goho afin de surveiller et d’anticiper les prochaines attaques de la princesse yumemi envers les Sceaux.

2h00 du matin.
Non, il fallait agir, qu’il agisse.
Repoussant les draps du lit, il avance en direction de l’armoire situé au fond de la pièce. Après avoir enfilé un jean et une chemise blanche, il longe le mur et se dirige vers la fenêtre, à droite de son lit. Sa main emprisonne la poignet.
L’air frais de la nuit s’infiltre dans la pièce, jouant dans ses mèches brunes, caressant la peau de son visage. Puis, au bout de quelques minutes, le leader céleste se décide enfin à sortir dans la nuit bleutée.

La nuit.
Tokyo, capitale nippon.
Le campus Clamp.
La lumière bleutée de l’astre lunaire éclaire l’intérieur d’une chambre du Campus dont le lit est défait, vide.
Il est tard, très tard.

to be continued

Prologue : Nuit

 Notes :
Snow Bloody : nom inventé, cette drogue est fictive.
Shinigami : littéralement en japonais « dieu de la mort ».
Proie : le nom donné, dans cette fiction, aux personnes tuées par les Shinigami.

L’ombre furtive s’approcha des remparts, elle était là, il en avait la certitude. Elle s’était enfin décidée à venir malgré des jours d’hésitations et encore maintenant, il ne douta pas que son cœur était tiraillé entre l’envie de savoir et celle de fuir ces lieux hostiles. L’espace d’une seconde, un doux sourire se posa sur ses lèvres mais il disparut en un battement de cils, laissant place à un visage impassible car ce ne fut pas le moment, pour lui, de montrer son ancien souvenir.

Les minutes passèrent tandis qu’un souffle glacial mordit le château et ses ruines, faisant s’onduler l’herbe. Il voulait la torturer encore un peu, juste pour fignoler la préparation de leurs retrouvailles, distillant goutte par goutte les défenses de la jeune femme. Depuis le temps qu’il attendait ce moment, il se devait de montrer une certaine assurance qu’il n’avait pas du temps de son vivant.

Soupirant d’aise, il entama un mouvement dans sa direction tout en gardant ses sens sur le qui-vive, néanmoins il apprécierait que leur entrevue ne soit dérangée par un quelconque importun. Et d’une marche légère, il se rapprocha d’elle, réduisant par ses pas la distance qui séparait leurs deux corps désuni depuis si longtemps. Au fur et à mesure de son avancement, la force du vent augmentait graduellement comme si le souffle façonnait son entrée.

Seule, debout sur les remparts du château, elle attendait une réponse. Une réponse qui la blessera sans nul doute. L’air balaya la pierre, la faisant frissonner. Son cœur s’accélérait, elle qui n’était pas cardiaque allait finir par le devenir. Puis une nouvelle bourrasque la heurta violemment et lui fit perdre l’équilibre.
Quand soudain, le vent se tut. Un lourd et assourdissant silence s’installa dans la plaine, même cet agaçant croassement de corbeau s’était étouffé dans le décor nocturne. Le temps semblait s’être figé.

Lentement et par fragments, un ensemble de fleurs se composa à ses pieds comme par magie. Étonnée de cet évènement, elle le ramassa avec précaution. La clarté de la nuit lui permit de voir précisément le branchage qu’elle tenait dans ses mains. A sa grande surprise, il s’agissait d’une petite branche de cerisier parsemée de fleurs écloses et de quelques boutons.
Une nouvelle bourrasque meurtrit le lieu dévasté mais cette fois-ci la secousse était différente et paralysa la femme qui tenait toujours le rameau. Ce vent assez doux se mit à tourbillonner autour d’elle et des pétales rosés se mirent à nager dans le courant des cercles d’air. Peu à peu, certains se rassemblèrent face à elle et commencèrent à former une silhouette, humaine et légèrement plus grande qu’elle. Puis les fleurs troquèrent leur blanc ensanglanté contre une couleur chair. Comme une naissance, il se matérialisa ainsi sous ses yeux.

Manteau noir contre veste beige.

Toujours emprisonnés dans la colonne d’air où les pétales caressaient leurs silhouettes, ils se fixèrent, l’un froid et l’autre choquée. Alors un murmure à peine audible franchit les lèvres du jeune homme.

– « Cela faisait si longtemps…Mademoiselle. »

Le froid de ce mois hivernal fit apparaître son souffle tandis que la neutralité du ton de cette phrase heurta douloureusement le cœur de la jeune femme.

Tout avait commencé, il y a plusieurs mois. Le passé auquel il tenait et haïssait à la fois refit surface lorsque suite à d’étranges évènements il se devait de protéger ce qu’il détestait. Il pensait que son ancienne vie était enterrée, que rien ne pourrait le faire désobéir aux ordres de sa destinée ou devrait-on dire de son nouveau statut. Et pourtant, il allait devoir rouvrir les blessures qui ont causé sa perte et déchéance.

Marchant dans l’une des rues de la basse-ville faiblement éclairée par quelques enseignes, une masse le heurta en sortant d’une petite passerelle sur sa droite. La chose semblait tanguer sur place et le poussa molestement en marmonnant quelques jurons. A son apparence, on pouvait y voir un jeune drogué, le teint maladif, les cernes noires, les vêtements crasseux et l’odeur âcre qu’il dégageait montrait qu’il ne vivait que pour sa petite dose quotidienne. Mais la preuve incontestable fut la présence d’une marque bleu sur le contour des yeux et sur les tempes dut à la dépendance de Snow Bloody, une drogue devenu populaire ces dernières années. Rapidement, la substance devenait vitale pour eux jusqu’à qu’ils meurent d’une overdose ou de faim par le fait qu’ils finissaient par se nourrir exclusivement de cette poudre.

Une mort pitoyable du point de vue de certains de ses collègues. Les humains sont faibles et ignorants. S’enfermant chaque jour dans une routine ennuyeuse et le soir venu, une fois la porte du logis franchie, ils s’enferment dans le petit monde qu’est leur famille. Ils se persuadent que rien ne peut leurs arriver, que la douleur et la mort n’arrivent qu’aux autres. Jusqu’à que celles-ci abattent leurs haches aiguisées sur leurs misérables têtes.

Il aurait continué sa route si le débris qu’il l’avait bousculé ne le retenait pas par la manche. Son regard azur croisa alors des pupilles grises où il ne pouvait y lire qu’obsession, faim et mort. Un regard où la vie s’était estompée au fil des injections. Le cadet ne souhaitait qu’une chose, une chose que son aîné allait lui offrir.
Tenu toujours par le poignet, il guida le jeune vers un petit square situé à quelques rues du lieu de leur rencontre. En cette nuit de printemps, la température était très fraîche et le parc semblait avoir des difficultés à se réveiller de son sommeil hivernal.
Ils s’arrêtèrent près d’un prunier dont les boutons refusaient encore de s’ouvrir. Ce fut à ce moment-là que le plus jeune lâcha sa prise sur le bras secoureur. A quelques centimètres de l’autre, aucun de deux ne semblait vouloir réduire la distance entre leurs corps. Les secondes passèrent tandis qu’ils apprenaient à se connaître, répartissant les rôles avant de jouer la scène finale et ce juste en plongeant dans le regard du partenaire. Une fois décidés, l’aîné enlaça son cadet qui ferma les yeux sous l’étreinte.

Un petit moment de flottement et le plus jeune glissa contre le corps de son sauveur, son propre corps s’effondrant sur le sol… sans vie.

Quel fut son souhait ? Sentir une dernière fois la chaleur d’une étreinte et mourir loin du regard des autres. Comme par hasard, ils se sont croisés ; comme par hasard, un square tranquille ne se trouvait pas loin. Mais surtout la providence autorisa la partie dissimulée du sauveur à réagir à cette demande. Pures coïncidences ou Destin ?

S’agenouillant près du cadavre, Yoru le regarda froidement celui-ci. Mais un léger malaise l’étreignait car l’autre face de son être fut touchée par le regard de l’adolescent. « Il » avait repris le contrôle de son corps afin d’exaucer l’ultime souhait du jeune homme. L’un contre l’autre, des images avaient traversé son esprit : la vie d’un fils d’une famille aisée rongé par la maladie et qui était condamné à mourir très jeune. Puis la tentative d’échapper à la douleur croissante grâce à la Snow Bloody qui le mettait dans un état végétatif. Et un soir de printemps, un de ceux qui apposent la mort croisa son chemin. Il lui a suffi d’un instant pour comprendre la vérité sur l’inconnu qu’il avait bousculé exactement comme un animal sent venir sa propre mort. Un dernier regard avant de mettre l’habit de cérémonie, l’un en tant que Proie l’autre en tant que Shinigami. Et le second absorba l’âme du premier.
Yoru fixa ses mains, il sentit l’âme du jeune homme circuler à l’intérieur de ses veines, au chaud et à l’abri de toute tentative d’absorption démoniaque. Ce soir, il avait utilisé une méthode agréable envers la Proie pourtant il était tout aussi capable de tuer avec moins de délicatesse. L’âme étant immortelle, certains shinigami s’en servent comme arme en la soumettant à leurs pouvoirs, pire d’autres s’en nourrissent même. Et quelques-uns, semblables à des employés, agissent comme des prêtres. Chaque humain a une espérance de vie différente et une fois que celle-ci est achevé, aussi courte fut-elle, ces derniers shinigami doivent récupérer l’âme du défunt pour qu’elle puisse être jugée et par la suite pouvoir se réincarner à nouveau.

Le monde des morts est régit par la Milice, ces shinigami s’assurent que l’équilibre avec le monde des vivants soit constant. Ils sont même ceux, voir les seuls, qui ont le plus de compassion envers les humains. Yoru travaillait parfois eux mais n’appartenait pas à leur rang. Le passé de son ancienne vie avait laissé des cicatrices beaucoup trop douloureuses pour qu’il puisse refaire, à présent mort, le même genre de métier qu’il faisait lors de son vivant.

Lentement l’aurore apparaissait, une nouvelle journée commença. Une de plus pour son éternité.
Un bruit sec se fit entendre suivi par un bruit de pas sur l’herbe légèrement humide, sa compagne l’avait rejoint.

– « Maître, que fait-on de son corps ? » Demanda-t-elle avec calme.

Yoru fixa le soleil en train de naître à l’horizon, ses fragiles rayons illuminant la surface de la mer encore sombre. De son vivant, il avait contemplé souvent ce spectacle et cela était bien la seule chose qui n’avait pas changé. Il avait bien entendu la question de la démone mais le devenir du cadavre lui était totalement indifférent. Non pas qu’il soit cruel mais la vie, les sentiments, il les avait enfermé avec sa personnalité d’antan dans la partie la plus profonde de son cœur. Et même si ils refaisaient surface par moments, jamais il ne les laissait trop longtemps en liberté.

Une fine main effleura la sienne, l’invitant à partir. En tant que noctambules, il fut temps pour eux de dormir. Un sommeil sans rêves, une vie sans lumière, il était bien devenu le contraire de son vivant. Mais tout ceci allait peut-être de nouveau changer.

to be continued

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